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© Aron Weerakoon

Grève féministe du care

Réduire le temps de travail, maintenant !

À l’occasion de la grève féministe du care du 14 juin prochain, le SIT appelle à lancer une initiative fédérale pour réduire la durée hebdomadaire du travail sans perte de salaire.

Proposition ● Depuis longtemps, le SIT revendique la réduction du temps de travail sans perte de salaire, afin de favoriser l’égalité et de poser les bases d’un partage plus équitable du travail de care non rémunéré. Lors des assises féministes de préparation à la grève, auxquelles le SIT a participé le 3 octobre 2026, le lien entre réduction du temps de travail et responsabilité collective du care s’est affirmé comme une revendication prioritaire. Dans cette perspective, le SIT propose de lancer une initiative fédérale le 14 juin prochain, pour faire de cette journée de lutte un pas concret dans le sens de cette revendication syndicale et féministe essentielle.

Travailler moins pour vivre mieux

Réduire massivement le temps de travail, c’est repenser la place qu’occupe le travail dans nos vies et le temps dont nous disposons pour vivre et prendre soin des autres et de la collectivité.

Le but de la réduction du temps de travail n’est pas d’intensifier la journée de travail ; de comprimer cinq jours de travail en quatre au prix d’une accélération des rythmes et de la cadence de travail qui ne résulterait que d’un épuisement déjà trop connu aujourd’hui. Nous revendiquons une véritable diminution de la charge de travail, avec des moyens suffisants pour accomplir nos tâches correctement, sans sacrifier notre santé ni notre vie personnelle et familiale.

Au service de l’égalité

Pour que cette mesure soit un véritable outil au service de l’égalité, il est indispensable qu’elle n’entraîne pas de perte de salaire. Aujourd’hui, les femmes et les minorités de genre sont encore plus souvent contraintes de travailler à temps partiel et de réduire leurs revenus pour assumer les tâches de care non rémunérées. Lorsqu’un parent doit renoncer à son emploi parce qu’une solution de garde coûte trop cher, ou qu’une personne réduit son activité pour s’occuper gratuitement d’enfants ou de proches au détriment de sa retraite. Lorsque nous comptons sur les travailleuses migrantes et précarisées pour assumer les tâches de care les plus dévalorisées, afin de permettre aux plus aisées de continuer à travailler à temps plein. Et lorsque les métiers du care rémunérés sont marqués par des salaires insuffisants, un manque d’effectifs et des conditions précaires, l’égalité n’est pas réalisée et c’est la société dans son ensemble, et notamment les femmes et les minorités de genre, qui en subit les conséquences.

En Suisse, nous travaillons déjà beaucoup !

En Suisse, la durée hebdomadaire du travail à plein temps dépasse en moyenne 42 heures, et les semaines peuvent être encore beaucoup plus longues dans certains secteurs. Un nombre d’heures nettement supérieur à la moyenne en Europe. À cela s’ajoute le travail non rémunéré, qui commence souvent une fois la journée professionnelle terminée : nourrir, nettoyer, éduquer, faire les courses, le ménage, accompagner les enfants, écouter, soutenir et prendre soin des proches…

Sans ce travail essentiel, notre société ne pourrait fonctionner. Pourtant, les femmes et les minorités de genre, les personnes migrantes et les communautés précarisées, continuent d’assumer une part disproportionnée des responsabilités domestiques, éducatives et de soin. Faute de structures d’accueil accessibles ou d’un partage égalitaire des tâches, elles réduisent plus souvent leur activité professionnelle. Ces choix, souvent imposés par les circonstances, entraînent des revenus plus faibles, une dépendance économique accrue, des perspectives professionnelles limitées et des rentes de retraite diminuées. Les personnes qui accomplissent ce travail indispensable en paient ainsi le prix.

Le 14 juin prochain, armons-nous de nos stylos pour faire cesser cette injustice.