Projet de budget de l’État

Cadeaux fiscaux aux plus riches, facture salée pour les autres

À la lecture du projet de budget 2027 et du plan pour les quatre prochaines années du Conseil d’État, on découvre une multitude d’attaques contre les principaux services à la population !

Austérité ● Cet été, la population de Genève a fait une expérience collective particulière : sentir dans son corps les effets d’une canicule sans précédent, soit les conséquences de décennies de politiques méprisant le vivant. Il en ira de même avec les effets du plan d’austérité dit « éco-GE » : des heures d’attentes à l’hôpital, des enfants enfermés dans des classes bondées, … Avec le projet de budget 2027 du Conseil d’État (PB27) et son plan financier quadriennal (PFQ), toute la population bénéficiant des prestations publiques sera impactée.

Coupes orchestrées

Depuis 2017 les comptes de l’État de Genève sont pourtant bénéficiaires, à l’exception de 2020 (année de pandémie). Cependant, le Conseil d’État persiste à présenter des budgets négatifs, avant d’annoncer de dites « nécessaires » coupes dans les prestations indispensables à la majorité de la population et des dégradations dans les conditions de travail de la fonction publique. Parallèlement, la droite du Grand Conseil, de son extrême à son « centre », soutenue parfois par l’exécutif, fait passer des baisses d’impôts bénéficiant avant tout aux plus riches. Des baisses successives générant une diminution de revenus d’environ 2 milliards pour l’État chaque année, alors que la population est en constante augmentation et qu’une partie importante s’appauvrit. Un thermomètre de l’austérité qui ne fait que monter, comme la température ambiante. Pendant ce temps, selon le journaliste d’investigation Marc Guéniat dans son livre « Genève confidentielle », la république abrite quelques 15 milliardaires et 300 contribuables dont la fortune dépasse 100 millions de francs1…

Contre la population et le personnel

La mobilisation de la fonction publique du printemps 2026 a forcé le Conseil d’État à retirer certaines mesures d’économie - la lutte paie, rappelons-le ! Cependant, le rapport de force actuel est pour l’instant insuffisant pour stopper l’essentiel de cette casse sociale : 37 mesures sont maintenues et le gouvernement en étudie encore 15. Parmi celles-ci, mentionnons quelques exemples qui impactent directement les prestations : coupes linéaires des subventions aux associations actives dans le social, la santé, la protection du climat, la culture et le sport, diminution du nombre et de la durée des séjours hospitaliers, coupe de 5,5 millions dans les missions d’intérêt général de l’IMAD et des HUG, par exemple le centre de santé sexuelle (planning familial), réduction du financement au sport et à la culture, réduction des prestations d’aide sociale, suppression de l’indexation des subsides assurance-maladie et révision à la baisse de leurs barèmes. Et en termes de conditions de travail, le personnel des secteurs publics et subventionnés sera aussi particulièrement touché : pas d’indexation, ni d’annuité pour les années 2028 et 2030, réduction des jours du pont de fin d’année, départs à la retraite non remplacés – donc des postes en moins – et temps d’enseignement supplémentaire. Enfin, le Conseil d’État prévoit aussi de faire payer davantage les étudiant-e-s – augmentation de 40 % des taxes universitaires – et les personnes âgées, avec une augmentation de la participation financière des résident-e-s en EMS et des bénéficiaires des soins à domicile d’un côté, et une réduction des prestations complémentaires de l’autre.

Derrière les chiffres du rapport « éco-GE » il y a des corps, nos corps. Seule une lutte massive pour la redistribution des richesses peut nous éviter des étés à 50°, mais aussi des journées de galère tout le reste de l’année ! Non à l’austérité !

  1. 1Marc Guéniat, Genève confidentiel : Enquête sur la ville qui aimait l’argent des autres, 2026, Éditions Stock ↩︎

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