Construction

Accord trouvé, préavis de grève levé

Un accord conclu sur le fil garantit les acquis des maçons et évite un conflit social sans précédent à Genève.

Annexe 13 ● Après des mois de tensions extrêmes sur les chantiers, un accord de dernière minute entre les maçons, représentés par les syndicats SIT, Syna et Unia, et la Société suisse des entrepreneurs (SSE) a été validé lors des Assemblées générales des parties tenues le 29 septembre dernier.

La SSE se ravise et fait un pas déterminant vers les travailleurs

En acceptant de retirer la résiliation de l’annexe 13 de la convention nationale du secteur principale de la construction (CN) et de reconduire la convention collective locale (CCT), tout en proposant une indemnité journalière de chantier à 6 Frs, la SSE a fait un pas déterminant vers les travailleurs en lutte. Pour ces derniers, cet accord permet de sauvegarder l’intégralité de leurs acquis notamment le maintien de leur panier à 25 Frs par jour et de la pause payée s’élevant à 2,9 % de leur salaire brut, mais également la possibilité de prendre trois semaines de vacances consécutives en été au lieu de deux sur le plan national.

Casse sociale évitée

La signature de l’accord marque la fin d’une période de très haute tension sur les chantiers. En effet, au moment où les maçons subissaient encore les effets d’un été infernal pour leur santé dans un métier déjà particulièrement pénibles en temps normal, ils se voyaient sous la menace réelle de voir leur salaire amputé de quelque 400 frs par mois dès le 1er janvier prochain. Inimaginable pour eux qui, comme la plupart des travailleuses et travailleurs de ce canton, voient leur pouvoir d’achat s’effondrer ! L’accord met ainsi fin au spectre d’une casse sociale sans précédent à Genève et d’un conflit de longue durée dans le secteur.

Détermination et unité des travailleurs

Si l’issue trouvée au conflit est aujourd’hui saluée par l’ensemble des acteurs, il faut souligner que cette issue constructive est directement liée à la détermination affichée par les maçons. Calmes dans la tempête, dignes et solidaires, ils ont toujours affirmé pendant le conflit vouloir trouver une solution juste avec les patrons pour éviter le démantèlement de leurs acquis.
Ce même esprit a soufflé le 29 septembre dernier lors de leur assemblée générale où cent cinquante d’entre eux ont voté l’accord après des débats d’excellentes tenues sur leur avenir et celui du secteur. Une intervention a tout particulièrement marqué la soirée, celle de José, jeune maçon de 28 ans qui a interpellé ses camarades avec force et justesse « l’âge des travailleurs sur les chantiers est assez élevé, nous le voyons encore ce soir. D’ici 2031 et la fin de la nouvelle convention, une grande partie des collègues seront partis à la retraite. Nous devons former les jeunes et rester mobilisés pour améliorer nos conditions de travail. Augmenter les salaires c’est important, il le faut, mais rendre notre travail moins pénible pour motiver la jeunesse et lutter contre les abus, cela doit être aussi une priorité pour nos syndicats ».

Dialogue social à poursuivre

En choisissant la voie de l’apaisement plutôt que celle de l’affrontement, patrons et syndicats genevois ont décidé de donner une chance au dialogue social. Formons le souhait qu’il soit riche et constructif car pour répondre au jeune militant José, les revendications syndicales légitimes ne manquent pas : valorisation de l’apprentissage, limitation du travail du samedi, régularisation des ferrailleurs sans papiers, lutte contre les abus et les faillites frauduleuses, autant de thèmes que les patrons se sont engagés à discuter avec les syndicats en cas d’accord, sans parler du fonds intempéries-canicule. Et aujourd’hui, accord il y a !

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