Autre signal inquiétant : l’acceptation au niveau national, du renforcement du service militaire en réduisant les possibilités d’accès au service civil. Un réflexe militariste inutile et contreproductif, qui s’inscrit dans un climat de psychose sécuritaire et belliqueux, sur fond de montée du fascisme.
Inutile parce que non seulement les effectifs militaires se trouvent déjà au-dessus de la limite maximale fixée par la loi, mais surtout parce que le réflexe militariste consistant à renforcer l’armée suisse par tous les moyens ne résiste à aucune analyse rationnelle sur les risques réels et les moyens d’y répondre. Car on ne le dira jamais assez, ce n’est pas la troupe helvète qui a fait peur au IIIe Reich et à Mussolini en 1939, ni ne fera jamais peur à une quelconque super-puissance belliqueuses ayant déjà défait les troupes de l’OTAN (À ce titre nous ne remercierons jamais assez la clarté du propos de Daniel Brélaz, paix à son âme).
Contreproductif parce qu’en restreignant l’accès au service civil, on prive de nombreux services publics d’un apport de main d’œuvre dont on peut parier que cette même droite militariste ne viendra pas compenser par des augmentations de personnel. En d’autres termes, pour la droite, l’armée n’est qu’un autre moyen de soustraire aux services publics les moyens qui lui font déjà cruellement défaut, prétexte ensuite à des politiques d’austérité qui ne profitent qu’aux riches au détriment de l’immense majorité de la population.
Davide De Filippo