Répression ● Le SIT tient à saluer le courage des travailleuses et travailleurs descendu-e-s dans la rue ce 14 juin 2026 pour dénoncer les politiques néolibérales, patriarcales, racistes, climaticides, et pour certaines néofascistes, menées par les gouvernements du G7 à l’occasion de leur réunion à Évian. Car c’est bien de courage et de détermination dont il fallait faire preuve après des mois de psychose sécuritaire et de colère largement alimentées par le patronat, la droite et le Conseil d’État, qui n’ont cessé de jeter des hectolitres de pétrole sur le feu en s’attaquant au droit démocratique de manifester.
Le SIT dénonce fermement les violences policières intolérables dont ses membres, employé-e-s et militant-e-s, ont été victimes en fin de manifestation. Nous exigeons des explications et des excuses, et nous nous réservons d’entreprendre toutes actions utiles, politiques et judiciaires, afin d’obtenir les garanties indispensables quant à l’exercice de nos droits démocratiques.
Le tronçon et le véhicule du SIT attaqués
À la fin de la manifestation, le véhicule du SIT à la tête du tronçon syndical de queue de cortège, ornés de drapeaux du SIT et accompagné d’une centaine de manifestant-e-s, s’est retrouvé coincé sur l’avenue de France entre les gaz lacrymogènes sur le carrefour de la rue de Lausanne en contrebas, et l’injonction policière à descendre vers le Parc Mon-Repos, poussé à distance par une rangée de policiers en tenue anti-émeute et plusieurs camions tonne-pompes, sans possibilité d’échappatoire sur les côtés. Alors que la situation semblait se calmer devant et avec l’aide de l’équipe d’auto-protection, ce tout dernier tronçon s’est remis calmement en mouvement pour parcourir les derniers mètres vers le carrefour et le parc, avant d’être accueilli par une déferlante de tirs de gaz lacrymogène envoyée par les lignes policières postées de chaque côté du croisement.
Tirer des gaz lacrymogènes sur un véhicule en mouvement, toutes fenêtres et hayon ouverts, au milieu de manifestant-e-s qui tentent de rejoindre le point d’arrivée officiel d’une manifestation, et pour se mettre à l’abri sans aucun autre chemin de fuite, cela s’appelle une mise en danger de la vie d’autrui, qui aurait pu avoir des conséquences dramatiques.
Nassé-es dans des conditions indignes
Quant à la nasse dont la presse s’est déjà largement fait écho, six employé-e-s du SIT, dont quatre membres de l’équipe d’auto-protection, et plusieurs militant-e-s et membres du SIT, dont un membre du Comité du SIT, en ont été victimes.
Durant près de 10 heures et sans aucune explication et encore moins de justifications crédibles, ces collègues qui s’apprêtaient à quitter les lieux après avoir manifesté pacifiquement et veillé courageusement à la protection des manifestant-e-s sans jamais entraver l’action, pourtant largement disproportionnée, de la police, ont été abusivement retenu-e-s dans des conditions parfaitement inacceptables et humiliantes, privées d’eau, de nourriture, de sommeil et de toilettes, et même du plus élémentaire détournement du regard lorsque l’une d’entre-nous a été contrainte de changer son tampon hygiénique sous le regard de deux policiers.
Un membre du Comité du SIT, qui n’avait commis d’autre « crime » que de participer pacifiquement à la manifestation, a par ailleurs été emmené au poste après la nasse, menotté, puis relâché sans qu’aucune explication ne lui ait été communiquée, ni sur place, ni au poste de police, sur les motifs de ce « traitement spécial ».
Pour le SIT, qualifier l’intervention de la police de « presque parfaite », comme l’a fait Mme Carole-Anne Kast dans la presse, relève d’un mépris absolu, une violence symbolique intolérable qui vient s’ajouter encore aux violences physiques subies. Nous attendons par conséquent des excuses, et que les responsabilités, tant politiques qu’opérationnelles, soient clairement établies, assumées et sanctionnées. Le SIT se réserve la possibilité d’entreprendre tout moyen qu’il jugera nécessaire pour y parvenir. Il en va des droits fondamentaux dans ce pays.
Davide De Filippo