S’arrêter pour mieux sauter ? ● Alors qu’il avait annoncé partout qu’il présenterait les mesures d’économie retenues parmi les propositions du rapport Zuin d’ici le 21 juin, le Conseil d’État se contente d’annoncer quelles mesures sont écartées à ce stade. Que certaines mesures soient recalées constituent une victoire à la suite des mobilisations syndicales de ce printemps. Pour rappel, la fonction publique a fait grève et appelé la population à la rejoindre lors de manifestations le 23 avril, le 7 et 8 mai, puis du 2 au 4 juin ! Toutefois, la pression ne doit pas retomber car le projet de budget 2027 concrétisera des économies violentes et iniques tandis que le Conseil d’État met déjà en œuvre le démantèlement progressif des prestations sociales et des conditions de travail de la fonction publique.
Mesures « retirées »
Parmi les 17 mesures « écartées » (sur 77), se trouve notamment la diminution du délai de protection contre le licenciement en cas de maladie. En réalité, ce coup dans le dos est déjà largement avancé, un projet de loi ayant été déposé en septembre 2025 ! Tout de même, signalons les retraits victorieux obtenus : maintien de la prise en charge des abonnements TPG, abandon du passage à 41h30 de travail hebdomadaire, abandon de deux mesures visant les personnes âgées (hausse des prix EMS et augmentation des chambres à deux lits), renoncement à l’externalisation des tâches à faible rémunération telles que nettoyage, sécurité et manutention.
Casser le mouvement
En ne respectant pas les engagements pris sur le calendrier, le Conseil d’État démontre une nouvelle fois son mépris du partenariat du social et des mouvements sociaux. Il pratique une stratégie de saucissonnage en appliquant des coupes prévues au budget 2026 qui a été refusé, en mettant en œuvre des mesures du plan financier quadriennal qui n’est négocié ni avec les syndicats ni avec le Grand Conseil, et, enfin, en décidant de réaliser son plan d’austérité dans le budget 2027. S’il avait un minimum de courage politique, il accepterait de prendre le risque de soumettre ce plan à la population. Par l’ensemble de ces éléments, mais aussi par ses discours inconstants et son attitude dénigrante, le Conseil d’État essaie de casser la mobilisation et d’empêcher la convergence des forces
progressistes.
Unité public-privé
Ne nous y trompons pas, les dégradations des conditions de travail de la fonction publique ont toujours des conséquences négatives pour les salarié-e-s du privé. Ce n’est pas un hasard si les patrons genevois répètent sans cesse que les « fonctionnaires sont trop payés » et qu’il s’agit d’une « concurrence déloyale ». Ce qui est déloyal, c’est de maintenir des salaires bas qui ne permettent plus de vivre dignement en privilégiant la distribution des bénéfices aux patrons.
Mobilisation dès la rentrée scolaire
Contre la poursuite de ces attaques de la droite néolibérale, le mouvement syndical renouvelle son appel à la solidarité et à la mobilisation des forces progressistes. Pendant que la droite genevoise démantèle le filet social, à Berne, la droite fédérale casse le salaire minimum légal genevois (lire l’article « Défendons nos salaires ! »). Ces politiques tirent dans la même direction : l’accaparement des richesses par les classes dominantes et l’aggravation des inégalités sociales. La réponse des travailleurs-euses continuera avec solidarité et détermination.
Rejoignez et soutenez la mobilisation ! Plus d’information sur le site internet. Informez vos ami-e-s, vos collègues et vos familles ! L’attaque est virulente, la réponse doit l’être encore plus !
Jérôme Chapuis