Office médico-pédagogique

L’accompagnement des élèves remis en cause

Edith Scotti, éducatrice spécialisée et militante du SIT, revient sur les motifs de la grève du personnel de l’Office médico-pédagogique.

Travail non reconnu ● Le personnel de l’Office médico-pédagogique (OMP) se mobilise depuis des années pour des meilleures conditions de travail. Aujourd’hui, face aux attaques dont il fait l’objet, il en est à sa troisième grève, et poursuivra sa mobilisation à la rentrée scolaire. Parmi les enjeux : la reconnaissance par le DIP de la réalité du travail des éducateurs-rices.

Autonomie et bien-être des élèves au centre

Les éducateurs-rices sont partout où il y a des problèmes. Parce qu’elles et ils accompagnent des personnes en souffrance ou ayant des besoins particuliers. En éducation, on ne transmet pas une matière spécifique et on ne prodigue pas de soins médicaux. Pourtant, le rôle éducatif est essentiel. Avec de plus en plus d’outils, souvent élaborés sur mesure, et au travers de la relation, les professionnel-le-s cherchent à permettre aux personnes d’appréhender au mieux leur vie en toute autonomie.

Scénarios sociaux, aptitudes pratiques, culture accessible, forums de discussion, entretiens, ateliers abordant les questions de genre, de maladie ou de handicap, notions scolaires adaptées : toutes ces activités composent l’univers de l’éducation. La liste ne peut être exhaustive puisque la créativité des personnes éducatrices s’actualise sans cesse face à la multitude des besoins générés par la société. Le but est de permettre à toute personne, quelles que soient ses limites, d’atteindre un bien-être optimal à travers l’accès aux besoins primaires, la participation à la vie sociale, l’acceptation de l’adversité, le droit à l’intégrité physique et psychique.

Pour accomplir un travail consciencieux, attentif aux autres, les éducateurs-trices doivent pouvoir collaborer et interagir avec les partenaires de toutes les instances concernées : les familles, le corps enseignant, les services sociaux, etc. Pour mener à bien un tel mandat, une coordination et une réflexion commune avec les différents acteurs-rices concerné-e-s est indispensable. Les éducateurs-rices observent, intègrent, pensent, échangent, débattent, établissent des constats, identifient des besoins et définissent des objectifs. Elles et ils proposent des idées, des solutions, des accompagnements et des bilans, tout en partageant le quotidien des personnes encadrées.

Sous-estimation du travail et mépris institutionnel

Aujourd’hui, le travail de ces professionnel-le-s est méprisé. Au sein de l’Office médico-pédagogique, une directive a été imposée, maximisant le travail de terrain et impliquant une réduction du temps consacré à la réflexion, à la préparation des outils nécessaires et aux échanges, aussi bien au sein des institutions qu’avec les partenaires extérieurs.

Par ailleurs, un système de comptabilisation des heures a été imposé, qui néglige fortement la réalité de l’éducation et ne permet pas d’enregistrer tout le travail accompli.

Si l’éducation est mise à mal, si cette instance discrète mais essentielle est mal évaluée et si l’on continue d’ignorer l’action réelle des personnes éducatrices sur la société, on prend le risque d’évoluer vers une logique économique de sous-traitance qui laisserait l’accompagnement des gens les plus vulnérables à un personnel moins formé, plus épuisé, en perte de sens et de repères, faute de temps, de moyens et de considération.

Les personnes fragiles ne disparaîtront pas pour autant. Bien au contraire.

Campagne
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