LHOM

Bataille perdue mais pas la guerre

Par une courte majorité, la population genevoise a accepté d’ouvrir les magasins deux dimanches supplémentaires par année.

Travail du dimanche ● Ils-elles ont fini par y arriver. Après plusieurs tentatives, le patronat et ses relais politiques ont obtenu l’ouverture des magasins le dimanche par 52,8% des voix.

Le SIT le regrette, mais relève que pour y parvenir enfin, les patrons et la droite ont été contraint-e-s de revoir leurs ambitions à la baisse et de lâcher quelques miettes de compensation. Il n’en demeure pas moins que l’acceptation de la révision de la Loi sur les horaires d’ouverture des magasins ce 14 juin 2026, qui porte atteinte aux conditions de travail et de vie des vendeuses, majoritaires dans le secteur du commerce de détail, est concrètement et symboliquement grave.

Mais pour le SIT, le combat pour les conditions de travail dans ce secteur et plus généralement contre la remise en cause du repos dominical ne s’arrête pas aujourd’hui. Avec les autres syndicats, nous resterons aux côtés de vendeuses pour surveiller l’application des conditions applicables ces ouvertures (base volontaire et doublement du salaire), et plus généralement pour continuer le combat pour l’amélioration de leurs conditions de travail.

Deux dimanches et pas un de plus

C’est donc à l’usure que les patrons ont fini par gagner. Mais ils ont dû se contenter de deux dimanches, et concéder le doublement du salaire et l’accord des travailleurs-euses concerné-e-s. Dont acte.

Alors que durant la campagne, le patronat, la droite et le Conseil d’État n’ont cessé de plaider pour cette révision de la LHOM au motif que deux dimanches seraient raisonnables, nous les prenons au mot, et attendons qu’ils déposent les armes une bonne fois pour toute sur ce sujet. En tous les cas, nous serons là pour faire barrage à toute autre tentative d’étendre le travail du dimanche.

Car nous ne nous faisons aucune illusion : sous la coupole fédérale, ce n’est qu’à une voix près qu’a été refusée la proposition de la droite, soutenue par le Conseil d’État genevois, d’étendre les horaires d’ouverture à 12 dimanches par an. Nul doute qu’elle reviendra donc à la charge.

Mauvaise foi du Conseil d’État

Mais la mauvaise foi du Conseil d’État ne s’est pas limitée à défendre auprès de la population genevoise le caractère « mesuré » de l’ouverture de deux dimanches tout en soutenant l’ouverture de douze dimanches auprès des autorités fédérales.

Nous relevons également, au vu du faible écart entre le OUI et le NON, que le flou volontairement entretenu par le Conseil d’État dans la brochure de votation sur l’interprétation de l’Arrêt du Tribunal du 4 septembre 2025 a sans aucun doute pesé dans la balance. En y prétendant abusivement qu’un refus de la loi aurait peut-être ouvert la porte à l’ouverture de trois dimanches, le Conseil d’État aura certainement poussé quelques électeurs-trices opposé-e-s à toute ouverture à accepter deux dimanches plutôt que trois.

Il s’agit d’une manipulation pure et simple de l’opinion publique, alors que le Conseil d’État avait annulé la votation initialement prévue le 22 novembre dernier afin justement de « clarifier » les termes du débat…

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