Victoire ● Malgré des mois de propagande visant à maquiller le racisme et la xénophobie de l’UDC sous un prétendu discours de « durabilité », la population ne s’est pas laissée duper. En rejetant l’initiative « Pas de Suisse à 10 millions », elle a refusé un projet dangereux qui aurait affaibli les droits et les conditions de travail de l’ensemble des travailleuses et travailleurs, qu’ils-elles soient suisses ou issu-e-s de l’immigration.
Égalité des droits et protections
Le 14 juin, journée de la grève féministe et de mobilisation contre le G7, la population a envoyé un signal fort : nous refusons l’exclusion et la division de la classe travailleuse. Nous ne voulons pas du retour du statut de saisonnier-ère de sinistre mémoire, symbole d’un système qui privait des milliers de personnes de droits fondamentaux et du droit à une vie familiale. Nous refusons la création d’une main-d’œuvre de seconde zone, corvéable à merci et privée de toute sécurité. Nous refusons également les politiques de chasse aux migrant-es qui se développent ailleurs, portées par une extrême droite toujours plus décomplexée.
Le verdict des urnes est sans appel : avec 54,8 % pour le NON dans toute la Suisse et un refus ferme de Genève à 65,4 %, la population refuse d’être dressée contre elle-même. Derrière les slogans mensongers de l’UDC se cachait une attaque frontale contre les accords bilatéraux et les mesures d’accompagnement qui protègent l’ensemble des salarié-es. En votant NON, les travailleurs-euses ont choisi l’égalité des droits, davantage de protections, davantage de contrôles sur le marché du travail, des sanctions renforcées contre les employeurs qui exploitent leur personnel, la non-augmentation de l’âge de la retraite, ainsi que des salaires et des conditions de travail dignes pour toutes et tous.
La lutte continue
Cette campagne a cependant mis en lumière une réalité préoccupante. Alors que les loyers explosent, que le coût de la vie augmente et que les inégalités se creusent, l’UDC a réussi à convaincre 45,2 % de la population de désigner les personnes migrantes comme boucs émissaires. Cette stratégie est d’autant plus cynique que ce parti défend systématiquement les intérêts des grands propriétaires, des spéculateurs et des milieux patronaux qui profitent précisément de la précarisation du monde du travail. Les difficultés rencontrées par une grande partie de la population ne sont pas causées par les migrant-es, mais par des choix politiques qui favorisent les profits d’une minorité au détriment des besoins de la majorité.
Si cette victoire est importante, elle ne marque donc pas la fin du combat. L’extrême droite poursuivra ses offensives contre les plus précaires, contre l’ensemble de travailleurs-euses et contre toutes les conquêtes sociales et les droits acquis. Face à la montée du fascisme et des idées réactionnaires, nous ne pouvons pas nous contenter de résister : nous devons construire une alternative fondée sur la solidarité, l’égalité et la justice sociale.
Plus que jamais, nous devons nous battre pour des salaires plus élevés, des logements abordables, des services publics renforcés, des sanctions exemplaires contre les employeurs fraudeurs et le droit à une vie digne pour toutes et tous.
Ximena Osorio Garate
Une campagne syndicale et militante
Nous saluons les militant-e-s du SIT qui se sont activement engagé-e-s dans cette campagne, ont participé aux tractages et pris part à nos actions. Nous remercions les commissions Migration et Climat, qui ont organisé une action autour du parcours « Nous, saisonniers-ères » et nous ont rappelé la longue histoire de lutte du SIT aux côtés des travailleurs-euses migrant-e-s, des saisonnier-ère-s d’hier aux sans-papiers d’aujourd’hui, ainsi que son engagement constant en faveur de la justice climatique.