| Un chantier de rénovation d’une banque de luxe cumule toutes les mauvaises pratiques du secteur de la construction. Découvert lors d’une visite syndicale sur les lieux de travail, il s’agit d’une véritable porcherie et d’un nid à accidents ! De nombreux débris jonchent le sol, dans les couloirs, les pièces et les escaliers… Les travailleurs sont contraints de jouer les équilibristes toute la journée pour éviter de tomber sur des câbles électriques ou des morceaux de métal, sans parler de la poussière qui rend l’air irrespirable. Les conditions dans lesquelles se déroule ce chantier mettent gravement en danger leur santé et leur sécurité. Un scandale nommé UNICA SUISSE SA L’entreprise responsable de ce scandale se nomme UNICA SUISSE SA. Sur son site, cette dernière se présente comme basée à Genève et intervenant dans toute la Suisse pour des travaux de désamiantage, de démantèlement et démolition : des activités ressortant clairement du secteur principal de la construction. Elle y met en avant une expérience, des compétences et la formation de ses équipes qui lui auraient permis de réaliser des projets complexes pour des clients exigeants de renom, tels que le CERN, l’Organisation des Nations Unies, Syngenta, Procter & Gamble, Firmenich et bien d’autres. Elle indique aussi qu’elle dispose de moyens humains et matériels lui permettant de faire face aux défis techniques du cadre réglementaire et conclut, pépite d’ironie vu le contexte: « l’hygiène, la sécurité, la protection de la santé et de l’environnement sont nos priorités ». Dans les faits, UNICA SUISSE SA viole également les dispositions de la convention collective de travail du secteur principal de la construction en appliquant celle du second œuvre, moins favorable aux travailleurs. C’est-à-dire en les sous-payant. Pire encore, elle abuse gravement du travail temporaire : actuellement, un seul travailleur bénéficie d’un contrat de travail fixe contre seize de ses collègues qui triment avec un contrat temporaire ! ![]() Dignes de protection Partout sur ce chantier de la honte des plaques indiquent : « objets patrimoniaux à protéger ». Mais la santé des travailleurs, elle, n’est-elle pas digne de protection ? Cette question, le SIT, UNIA et SYNA l’ont posée à tous les acteurs de la construction, notamment la Société suisse des entrepreneurs (SSE), lors de l’action de ce matin. Car en dénonçant l’annexe 13 de la convention nationale du secteur principal de la construction, la SSE va précariser des milliers de travailleurs à Genève et affaiblir le dispositif de contrôle paritaire cantonal. Pour obtenir des réponses concrètes, les syndicats dénonceront cette affaire au maître d’ouvrage, à savoir à la banque et à l’architecte en charge des travaux, mais également auprès du bureau de contrôle des chantiers et à l’OCIRT. Et ce, pour une intervention rapide et ferme visant à une amélioration directe des conditions de travail et à une mise en conformité des salaires des travailleurs victimes d’un dumping salarial crasse. Les syndicats sont conscients que les chantiers de rénovation ne sont pas des usines horlogères ni des salles stérilisées d’hôpital, mais ils ne devraient pas non plus être des dépotoirs ou des porcheries. Les travailleurs ont droit à la dignité et au travail dans un environnement sûr, qui ne mette pas leur santé et leur sécurité en danger. ![]() Une augmentation des abus à prévoir A travers cette nouvelle affaire, le SIT, UNIA et SYNA alertent sur les conséquences de la dénonciation de l’annexe 13 de la convention nationale du secteur principal de la construction par la SSE-Genève. Au-delà de l’attaque brutale et inacceptable du pouvoir d’achat des travailleurs qui vont voir leur salaire être amputé de 400 frs par mois, c’est aussi le dispositif de contrôle cantonal des conditions de travail qui va être affaibli, avec la certitude que les cas d’abus se multiplieront à Genève. Les patrons genevois jouent avec le feu. Les maçons vont devoir revêtir leurs habits de pompiers pour éteindre l’incendie qui couve lors de leur grande assemblée générale qui se tiendra le 6 juin à 16h00 sur la plaine de Plainpalais. |
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