LPP

À quand une remise en cause du 2e pilier ?

Lors de son assemblée des délégué-e-s du 20 août dernier, l’USS a décidé de lancer une offensive pour améliorer les rentes du 2e pilier, appelant à une sorte de « 13e rente » LPP.

Perspectives ● Le SIT partage le constat que les rentes du 2e pilier sont insuffisantes. Mais contrairement à l’USS qui y voit le résultat d’une dégradation du système de la LPP (baisse du taux d’intérêt minium, et baisse du taux de conversion), pour le SIT, c’est en réalité l’effet d’un système vicié dans son principe. L’USS a beau appeler à rehausser à 3 % le taux d’intérêt minimum servi sur les comptes (2 % d’intérêt + 1 % de rattrapage), déjà la commission qui recommande au Conseil fédéral le taux à fixer ne vise que 1,75 %, et les milieux économiques freinent encore à 1,5 % maximum. Aucun espoir à attendre.

Ne nous leurrons pas : le 2e pilier est au cœur du capitalisme suisse, et n’est pas une assurance sociale. C’est une assurance obligatoire privée : chacun-e y capitalise dans son coin et selon ses revenus (en augmentant donc les inégalités, surtout chez les femmes). Le 2e pilier engloutit donc des milliards (plus de 1 000 milliards) sur les marchés financiers et immobiliers, pour ne tenir qu’une seule promesse à la sortie : des rentes loin de leur objectif constitutionnel, en constante baisse depuis 10 ans, et qui se traduisent par des retraites misérables pour l’immense majorité des travailleus-euses.

Et tandis que l’on s’écharpe sur le financement du 1er pilier, on continue d’alimenter sans sourciller ce monstre qu’est le 2e pilier, nous condamnant de ce fait qu’à la recherche sisyphéenne de mesurettes correctives, « 13e rente LPP » incluse. Or, rien ne sert de coller des emplâtres sur cette jambe de bois qui ne pourra jamais marcher correctement, si l’on ne se met pas enfin à élaborer une véritable alternative.

Pour le SIT, on peut donc décider d’améliorer le 2e pilier, mais il s’agit surtout d’en sortir.

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