Santé au travail

Travailler sans mourir sur une planète plus chaude

Le 26 avril prochain, la CGAS organise un séminaire et une table ronde sur la protection de la santé au travail face au changement climatique.

Réchauffement climatique Quels sont les impacts du stress thermique sur l’emploi et la santé dans les divers secteurs, pour les métiers les plus exposés et pour les personnes vulnérables et les femmes enceintes ? Quelles sont en Europe, en Suisse et à Genève les dispositions légales, conventionnelles et réglementaires existantes, en quoi sont-elles lacunaires, par quoi faut-il d’urgence les améliorer ? Quelle est la protection des femmes enceintes et quelles luttes mener pour qu’elle soit appliquée et améliorée ? Pourquoi et comment lutter pour des obligations contraignantes d’arrêt du travail à partir d’une certaine température ? Quels outils techniques pour mesurer le risque ? Comment renforcer efficacement les dispositifs de contrôles de l’application des mesures de protection de la santé des travailleuses et des travailleurs ? C’est pour réfléchir ensemble aux réponses à ces questions que la Communauté genevoise d’action syndicale (CGAS), dont le SIT fait partie, organise une journée d’échange et de réflexion le 26 avril prochain à l’UOG.

Danger pour la santé

Les vagues de chaleur se multiplient en nombre et en intensité. Dans les années à venir, il pourrait y avoir sous nos latitudes 30 jours de canicule par an entre mai et octobre. Selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS), la température idéale au travail est celle comprise entre 16 et 24 degrés. Les impacts du stress thermique sur le corps sont mieux connus mais leur dangerosité pour la santé et pour la santé au travail en particulier sont encore sous-estimés. Travailler sans mettre en danger sa santé et sans mourir sur une planète plus chaude est un enjeu de société. Le stress thermique, l’épuisement lié à la chaleur, les syncopes et les évanouissements sont autant d’impacts sur la santé auxquels les travailleuses et les travailleurs doivent et devront de plus en plus faire face, notamment dans les secteurs les plus touchés. Le travail à l’extérieur est le plus concerné, mais le travail à l’intérieur en présence de machines ou dans des locaux insuffisamment ventilés le sont également. Les risques sont plus importants également pour les personnes vulnérables (plus de 55 ans, malades ou convalescentes, consommant des médicaments ou des drogues, etc.), ainsi que les femmes enceintes.

Urgence syndicale 

Ce sont souvent les travailleuses et les travailleurs qui exercent les métiers les plus physiques et pénibles, les moins rémunérés, qui subissent des conditions de travail précaires, qui sont les plus soumis-es au stress thermique et les moins protégé-e-s de ses effets. Ailleurs en Europe et dans le monde, comme en Suisse, le droit du travail ne prend pas suffisamment en compte les risques du stress thermique. Les lois et les mesures de protection sont clairement insuffisantes. Il y a urgence syndicale à exprimer des revendications et à mener des luttes pour les améliorer.

Se former et s’informer 

Face à ces enjeux et alors que l’été prochain s’annonce encore plus précoce et encore plus chaud que le précédent, la CGAS a mis sur pied un séminaire de réflexion qui aura lieu le 26 avril prochain. Avec des intervenants de divers horizons, les militant-e-s et les secrétaires syndicaux seront invité-e-s à venir se former et réfléchir ensemble aux revendications et aux luttes à mener, tant dans les secteurs que sur le plan politique, pour protéger la santé des travailleuses et des travailleurs face au réchauffement climatique.

Cette journée se terminera par une table-ronde ouverte à tous publics, à 20h à l’UOG. Bienvenue à tous-tes !

Manuela Cattani, Davide De Filippo

Campagne
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