Grand Théâtre de Genève

Projet de destruction massive des conditions de travail

L’assemblée générale du personnel refuse un projet de nouveau statut anti-social, demande la poursuite des négociations, et préavise des mesures de luttes en cas de passage en force.

Culture ● Lorsqu’en 2024, la décision politique a été prise d’instaurer un employeur unique, avec pour conséquence de transférer 200 employé-e-s de la Ville de Genève à la Fondation, les discours prétendaient que les conditions de travail ne seraient pas dégradées et que l’objectif visait à améliorer substantiellement les conditions d’engagement du personnel intermittent, sans lequel les spectacles ne peuvent avoir lieu. Le personnel, n’y croyant pas, avait exprimé sa réprobation par un jour de grève et demandé, sans succès, une négociation préalable de son statut. Réuni en Assemblée générale au BFM, le personnel du Grand Théâtre de Genève, a pris connaissance de l’état d’avancement des négociations sur le futur statut du personnel engagé en droit public au sein de la Fondation. Et le verdict est malheureusement sans surprise : inacceptable.

Les négociations piétinent

Les négociations ont démarré en mars 2024 entre les organisations représentatives du personnel et les représentant-e-s de La Ville de Genève (aujourd’hui J. Bertossa et A. Gomez), et de la Fondation (X. Oberson et S. Salerno). D’emblée le projet prévoyait des conditions de travail très dégradées. Deux ans plus tard, aucune amélioration notable n’a été apportée au projet. Les employeurs maintiennent leur intention d’instaurer des conditions de travail à trois vitesses : l’un pour le personnel Ville de Genève transféré à la Fondation avec une dégradation, l’autre pour le personnel nouvellement engagé moins avantageux, le troisième pour le personnel de renfort, de salle et de remplacement avec des conditions de travail nettement moins favorables et plus précaires. Malgré le protocole d’accord signé par les parties, les projets de règlements spécifiques essentiels, comme ceux portant sur l’aménagement du temps de travail, les indemnités ou la protection de la personnalité n’ont pas été présentés aux organisations du personnel. Les employeurs envisagent même de passer en force sans accord entre les parties et prévoient une entrée en vigueur de ces nouvelles conditions de travail pour janvier 2028.

Une grève prévue en cas volonté de fait accompli

Le fossé entre les parties est très profond et le personnel a voté le principe d’une grève à la rentrée à défaut de poursuite ou d’avancée significatives dans les négociations. Pour le futur personnel il est question par exemple d’augmenter la durée du travail d’une heure par semaine, de n’indexer les salaires que si la subvention le permet, de réduire les indemnités en cas de suppression de poste à 1 mois au lieu de 6, de supprimer l’enquête administrative avant un licenciement objectivement fondé, de ne plus réintégrer le personnel en cas de licenciement sans juste motif, abusif et contraire au droit et d’abaisser l’indemnisation à 3 à 6 mois, de supprimer la protection contre le licenciement durant toute la période d’indemnisation maladie ou accident. Il est aussi prévu de ramener l’allocation en cas de décès à un mois, de supprimer les allocations pour enfant et l’allocation de naissance de 500 frs, etc. Pour le personnel de la Ville transféré, certains droits ne seraient maintenus que pendant un an, tandis que d’autres seraient assurés tant que durent les rapports de service, notamment l’affiliation à CAP-Prévoyance. Pour le personnel Fondation, une affiliation à la FOP est prévue, ce qui a pour effet de reporter d’une année l’âge de la retraite.

Les intermittent-e-s toujours précaires

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