Référendum ● En juin dernier, la droite du parlement fédéral, sous l’impulsion de l’UDC Albert Rösti, a piétiné la volonté populaire en levant l’interdiction de construire de nouvelles centrales nucléaires en Suisse. Un scandale, au vu des dangers hors de toutes proportions qu’elles entraînent, comme Tchernobyl ou Fukushima l’ont montré.
Le 30 juin, un référendum national a été lancé. Il est porté par une large coalition, qui regroupe Greenpeace, les Vert-e-s, le PS, les Verts libéraux et la Fondation Énergie, l’Alliance climatique (dont le SIT est membre), le WWF, l’association Sortir du nucléaire et l’association Transports et environnement (ATE). Le SIT a décidé de le soutenir.
Trois fois NON au nucléaire
Par trois fois, la population a voté sur une stratégie énergétique basée sur les énergies renouvelables, excluant le nucléaire, pour s’assurer d’un avenir supportable : en mai 2017 avec la loi sur l’énergie, actant la sortie du nucléaire et la promotion des énergies renouvelable ; en juin 2023 avec la loi sur les objectifs climatiques et la réductions des gaz à effet de serre, et enfin en juin 2024 avec la loi sur l’électricité, permettant de produire davantage d’électricité à partir d’énergies telles que l’eau, le soleil, le vent ou la biomasse. Lors de chacune de ces votations, le SIT a appelé à soutenir ces projets (parfois de manière critique).
Énergie dangereuse
En effet, le nucléaire est une énergie tout simplement trop dangereuse. Elle oblige à entrer dans le circuit du commerce de l’uranium, qui rend dépendant de pays comme le Kazakhstan, alors que les énergies solaires, éoliennes ou géothermiques peuvent être produites localement et n’entraînent pas de risque en cas de de conflit ou de crise. Le risque d’un accident reste trop important, comme l’ont montré de trop nombreux précédents. Dans un pays aussi densément peuplé que la Suisse, les conséquences seraient catastrophiques, et se croire technologiquement à l’abri est illusoire.
Il faut aussi rappeler que les déchets produits par les centrales nucléaires restent sans la moindre solution : la durée de leur radioactivité se compte en centaine de milliers d’années, voire même
en millions d’années. Aucune population ne les veut sur son territoire, à juste titre. L’enfouissement dans la mer ou dans le sol sont des hérésies. Revenir au nucléaire revient à construire une gigantesque bombe à retardement atomique pour les générations qui nous suivent.
Et c’est encore NON
Par ailleurs, les coûts des centrales nucléaires sont exorbitants, et au final, c’est la population qui est appelée à passer à la caisse. Il est au contraire urgent d’investir massivement dans des énergies renouvelables, dont le coût est moindre, et qui posent beaucoup moins de problèmes.
Il n’y a pas d’hésitation à avoir : le nucléaire doit être banni. Et ce d’autant qu’il fleurte toujours avec une concentration excessive du pouvoir, qu’il soit financier, policier ou étatique. Il n’y a guère d’histoire nucléaire sans histoires d’abus de pouvoir sur les populations concernées. Alors qu’à l’inverse, l’énergie solaire peut être complètement décentralisée et installée sur presque n’importe quelle ferme ou bâtiment.
Le 27 septembre, votons donc NON au retour du nucléaire, et donnons une claque aux milieux d’affaires qui veulent en tirer des profits sur notre dos, et sont les seuls à en vouloir le retour.
Jean-Luc Ferrière