Grève ● 350 grévistes battaient le pavé le 5 mai pour la première grève de l’Histoire du personnel du Groupement intercommunal pour l’animation parascolaire (GIAP). Grève reconduite le 8 et le 21 mai, toujours hautes en couleur et sur l’air de « paras’colère », chantée et mise en musique par Robin Girod pour soutenir cette belle mobilisation. La grève va continuer mardi 2 juin et jeudi 4 juin.
On veut négocier
Le GIAP a mis plus de trois mois, après l’envoi du préavis de grève, le 9 février, à envoyer une proposition de date de rencontre pour le 1er juin. Alors que le vote du budget du GIAP a lieu mi-juin, l’employeur joue clairement la montre pour empêcher les négociations d’aboutir à temps. La grève du 21 mai a permis d’obtenir une date plus proche : le 27 mai nous rencontrerons le comité du GIAP pour négocier. Sauf que le GIAP refuse de négocier une revalorisation des salaires qui n’ont pourtant pas évolué depuis 1991, soit 35 ans. Le métier lui s’est complexifié. Et le GIAP refuse également de négocier le taux de travail qui reste complètement insuffisant et le statut des remplaçant-es dont le salaire est dangereusement près du salaire minimum genevois. La honte pour la fonction publique.
De nombreux soutiens
L’association des juristes progressistes, des artistes, une enseignante retraitée, une association de parents d’élèves, la grève féministe, appellent à soutenir ce mouvement de grève sur nos réseaux. Car cette grève concerne toute la population genevoise. Avec 80 % des élèves qui vont au parascolaire, c’est sur toute la classe populaire et la classe moyenne que crachent les élu-es qui refusent de donner les moyens nécessaires à un encadrement de qualité. Il faut du temps avec le corps enseignant pour traiter le harcèlement scolaire qui ne s’arrête pas aux portes des salles de classe. Du temps pour les enfants à besoins spécifiques, pour préparer des activités de qualité, et pour faire toutes ces tâches, les animateurs-trices du midi n’ont que 2 minutes par jour. Pas besoin d’un doctorat en mathématique pour savoir que c’est insuffisant. Mais si nos élu-es ne savent pas faire ce simple calcul, peut-être devraient-ils retourner sur les bancs de l’école.
La rentrée sera chaude
L’Assemblée Générale a déjà voté la reconduction des mobilisations et de la grève pour la rentrée scolaire. Nous ne nous arrêterons pas tant que nous n’aurons pas obtenu une vraie amélioration des conditions de travail de ces fonctions qui le méritent largement. Pour les soutenir, le SIT a augmenté l’indemnité de grève, pour les grévistes qui sacrifient leur salaire chaque jour de grève, alors qu’ils et elles peinent déjà à boucler leurs fins de mois. Nous appelons la population à les soutenir en faisant un don à notre caisse de grève et en retirant les enfants du parascolaire les jours de grève.
Service minimum illégal
Les grévistes se voient parfois interdire de faire grève pour assurer un service minimum illégal. Ce sont des manœuvres indignes de nos élu-es. Rappelons que le comité du GIAP est composé pour la majorité de magistrat-e-s communaux socialistes et Verts… Pilier de notre démocratie, le droit de grève doit être protégé. Ce n’est pas par plaisir que les grévistes renoncent à leur salaire mais c’est bien parce que les tentatives des syndicats de négocier depuis 2019 n’ont pas abouti.
Alice Lefrançois