Coûts de la santé

NON à une initiative mensongère et dangereuse

L’initiative du Centre « pour un frein aux coûts » réduira la qualité et l’accès aux soins et y accélérera la dégradation des conditions de travail.

Initiative fédérale ● Cette initiative lancée par le Parti Démocrate-Chrétien, aujourd’hui Le Centre, et à laquelle le Conseil fédéral s’est opposé, vise à réduire les coûts de la santé. Elle prévoit que la Confédération prenne des mesures contraignantes visant à faire baisser les coûts, si ceux-ci deviennent supérieurs à l’évolution de l’économie nationale et des salaires moyens. Mais l’initiative ne précise pas ces mesures, et celles-ci risquent donc d’être défavorable aux assuré-e-s et au personnel soignant. Par ailleurs, l’initiative prévoit une disposition transitoire qui avant cela donne les pleins pouvoirs aux assurances. Cette initiative est par conséquent très dangereuse et doit être rejetée.

NON à un mécanisme pervers

L’évolution de l’économie et celle des coûts de la santé ne sont pas directement reliées. Alors que les salaires ont tendance à stagner, les coûts de la santé doivent quant à eux pouvoir augmenter pour répondre aux besoins d’une population qui vieillit et recourt donc davantage aux soins médicaux. Ce mécanisme pousserait donc en réalité à réduire la qualité et l’accès aux soins, et à augmenter la pression sur les conditions de travail du personnel soignant.

Des mesures forcément antisociales

En ne définissant pas le type de mesures que la Confédération devrait prendre pour réduire les coûts de la santé, l’initiative ne fait que remettre le choix de ces mesures à un Conseil fédéral et à un parlement largement dominés par la droite et le lobby des assurances. Une droite qui continuera donc à épargner les assurances et la pharma, en ne s’attaquant qu’aux assuré-e-s via la réduction du catalogue de prestations remboursées et l’augmentation des franchises et des quote-part à leur charge, et en détériorant encore les conditions de travail, aggravant au passage la pénurie de personnel soignant.

Pleins pouvoirs aux assurances ? NON !

La disposition transitoire précise que « si, deux ans après l’acceptation [de l’initiative], les assureurs-maladie et les fournisseurs de prestations n’ont pas arrêté de mesures contraignantes pour freiner la hausse des coûts, la Confédération prend […] des mesures ». Autrement dit, l’initiative donne les pleins pouvoirs aux assurances durant deux ans d’accélérer la mise en place d’une médecine à deux vitesses et le saccage des conditions de travail.

Davide De Filippo

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