Enquête ● À la suite de la parution d’un article de presse il y a plus de deux ans faisant mention des problèmes au service de radiologie, dont le départ en bloc de radiologues, des mesures avaient été préconisées pour améliorer le quotidien professionnel des collaboratrices et collaborateurs. Dans le but de pouvoir établir le constat des améliorations et/ou dysfonctionnements qui persistent dans le service, et de disposer d’une vision précise des conditions de travail actuelles, le SIT a créé un questionnaire anonyme qu’il a diffusé auprès du personnel du service.
Nous avons reçu 91 réponses, dont 25,3 % de cadres. Interrogées sur l’évolution de leurs conditions de travail, 30,8 % des personnes ayant répondu jugent que celles-ci n’ont pas évolué, 29,7 % jugent qu’elles se sont nettement détériorées et 28,6 % qu’elles se sont légèrement détériorées. Nous constatons donc que la perception d’une dégradation, qu’elle soit légère ou importante, représente la majorité des réponses.
Surcharge de travail et planification insatisfaisante
Le personnel constate une augmentation de l’activité du service, mais à effectifs constants, ce qui rend les conditions de travail plus difficiles. Le stress est constant. Des heures supplémentaires sont fréquemment nécessaires pour rattraper le volume des examens, qui épuisent les équipes et minent la motivation.
En raison de l’augmentation du flux, les cadences augmentent et il y a moins de temps pour répondre aux différents besoins des patient-e-s. La surcharge de travail est clairement identifiée comme un facteur de la dégradation des prestations.
Par ailleurs, le personnel regrette que les plannings ne soient pas donnés suffisamment en avance. Les délais d’acceptation des vacances sont aussi beaucoup trop longs et les demandes de congé ne peuvent pas être acceptées en raison du sous-effectif. Ce manque d’anticipation des horaires rend très compliquée la conciliation vie professionnelle- vie privée.
D’une manière générale, un manque de vision dans la planification est relevé : chaque « case » disponible est remplie indépendamment des compétences, de l’expertise, des souhaits ou des contraintes personnelles de la personne concernée.
Une gestion du service critiquée
Par ailleurs, le personnel déplore un manque d’écoute de la part de la hiérarchie et que les suggestions du personnel ne soient pas prises en considération. Ainsi, il n’est pas possible de développer des projets pour améliorer la qualité des soins. Les réponses indiquent que la hiérarchie ne souhaite pas changer le statu quo.
Les personnes interrogées partagent le constat qu’aucune mesure n’est prise pour améliorer la situation. Des blocages au niveau de la hiérarchie entravent la mise en œuvre de réformes organisationnelles pourtant nécessaires. Un tel environnement de travail est très démotivant et mène des membres du personnel à quitter le service.
Environnement sexiste
Finalement, plusieurs femmes ayant répondu constatent qu’elles assument toujours plus de responsabilités sans qu’il n’y ait aucune reconnaissance en retour.
Le SIT partagera les résultats complets de ce questionnaire tant avec la direction du service qu’avec le comité de direction des HUG, afin de négocier la mise en place des mesures rétablissant un environnement de travail serein et défendre les demandes du personnel.
Sandra Froidevaux