Économie ● Le deuxième rapport du Département de l’économie et de l’emploi sur les impacts du salaire minimum légal à Genève est sorti. Réalisé par l’Institut de recherche appliquée en économie et gestion, ce rapport, basé sur les données des offices régionaux de placement, confirme les résultats du premier rapport, qui sur la base d’une analyse comparative des taux de chômage entre différents cantons, concluait à l’absence d’impact significatif sur le chômage. Mieux encore, ce deuxième rapport, en examinant statistiquement l’impact de différents facteurs sur la durée du chômage, conclut que l’introduction du salaire minimum légal a favorisé la sortie des femmes du chômage vers l’emploi.
Pour les syndicats, ces résultats sont positifs mais ne sont pas une surprise. Car ce sont dans des secteurs d’activité majoritairement occupés par des femmes que l’ont trouvait l’essentiel des salaires en dessous de 23 frs de l’heure avant l’introduction du salaire minimum légal. Dans ces secteurs-là, se retrouver au chômage signifiait donc devoir survivre dans une profonde précarité économique, mais dont un hypothétique emploi mal rémunéré ne permettait pas de sortir, notamment en raison des frais de garde des enfants qu’implique un emploi. Or, l’augmentation substantielle des salaires dans ces secteurs a visiblement modifié la donne, en rendant ces emplois économiquement plus viables.
Ce deuxième rapport indique en revanche un impact légèrement négatif pour les 18-25 ans, dont « la durée de chômage reste inférieure aux plus âgés, mais dans une moindre mesure qu’avant l’introduction du salaire minimum ». Le rapport observe par ailleurs de plus nombreuses sorties du chômage de cette catégorie vers… l’inconnu, c’est-à-dire sans que les ORP ne disposent de l’information : prise d’emploi ? Reprise des études ? Fin de droit ? Difficile à ce stade d’en tirer une quelconque conclusion, si ce n’est d’émettre l’hypothèse qu’un certain nombre de faux stages, c’est-à-dire de vrais primo-emplois mais à des tarifs de sous-enchère crasse, ont disparu, ce qui n’est en soi pas un mal.
Davide De Filippo