
Pas d’ouverture des magasins le dimanche sans protections !
Les patrons et la droite reviennent à la charge : malgré plusieurs votes populaires refusant d’ouvrir les magasins le dimanche sans contrepartie pour le personnel de la vente, les voici qu’ils retentent encore une fois le coup de modifier en ce sens la loi sur les horaires d’ouverture des magasins (LHOM) !
Deux dimanches supplémentaires sans contrepartie négociée
Cette fois-ci, leur objectif est d’ouvrir deux dimanches supplémentaires en plus du 31 décembre (jour férié assimilé à un dimanche) déjà autorisé, en supprimant la condition d’existence d’une convention collective de travail étendue dans la branche pour pouvoir le faire. Même si le Tribunal fédéral a tout récemment indiqué que cette condition ne peut pas figurer dans la loi, il reste évidemment possible de refuser ces ouvertures tant que cette CCT n’existera pas dans les faits.
Protégeons les travailleuses et les travailleurs
Les syndicats ont ouvert la possibilité de négocier une CCT, mais se sont heurtés à l’absence de réelle volonté de discuter de la part des employeurs, alors que les conditions de travail ne cessent de se dégrader dans la vente : travail sur 6 jours, horaires coupés, temps partiels imposés, planning sans cesse modifiés à la dernière minute, réduction d’effectifs et cadences effrénées, le tout pour des salaires qui demeurent désespérément bas, et majoritairement occupés par des femmes.
NON au déni démocratique
Le Conseil d’Etat et la droite voudraient par ailleurs faire croire qu’en votant NON à l’ouverture de deux dimanches sans protection des salarié-e-s, on voterait en réalité OUI à l’ouverture de trois dimanches en raison d’un Arrêt du Tribunal fédéral. C’est une tentative de tromperie démocratique, basée sur une interprétation orientée et juridiquement contestable des faits du sens du vote populaire, dont la volonté a déjà été exprimée à plusieurs reprises : sans protection dans les faits, pas d’ouverture !
Une menace sur l’ensemble des travailleurs-euses
L’ouverture des magasins le dimanche aurait un impact sur d’autres activités : transports, livraisons, nettoyages, sécurité, etc. N’ouvrons pas cette brèche contre l’interdiction du travail du dimanche.
Toujours les mêmes balivernes patronales :
« Le personnel est déjà protégé »
FAUX Doubler le salaire du travail du dimanche, comme le prévoit le contrat-type de travail de la branche, n’est pas suffisant. Le personnel est déjà exténué, et exige une vraie contrepartie dûment négociée : une convention collective de travail qui améliore les conditions de travail sur toute l’année.
« Le travail du dimanche est sur base volontaire »
FAUX Tou-te-s les vendeurs-euses le disent : lorsque votre chef-fe vous demande de venir travailler, vous n’avez pas vraiment le choix si vous ne voulez pas finir dans son collimateur…
« Ouvrir le dimanche permet de lutter contre le tourisme d’achat transfrontalier et contre la concurrence du commerce en ligne »
FAUX Si les consommateurs-trices vont faire leurs achats de l’autre côté de la frontière ou en ligne, ce n’est pas à cause des horaires, mais à cause des prix plus bas. Ouvrir le dimanche n’y changera rien.
« Cela offrira une bouffée d’oxygène aux commerçant-e-s genevois-e-s »
FAUX Si le chiffre d’affaires est plus élevé durant la période des fêtes, c’est en raison de celles-ci, pas en raison des horaires d’ouverture. Ce n’est pas parce qu’on pourrait le faire le dimanche qu’on achètera plus de cadeaux à nos proches… En revanche, ce seront les petits commerces familiaux qui en pâtiront, face à la concurrence des grandes enseignes.
« Cela crée des emplois, notamment pour les étudiant-e-s »
FAUX Quiconque est allé faire ses courses le dimanche lorsque c’était possible a pu le constater : c’est le personnel ordinaire qui travaille le dimanche. Travailler dans un magasin ne s’improvise pas : c’est un vrai métier. Et de la part d’entreprises qui remplacent toujours plus de personnel par des caisses automatiques, l’argument de la création d’emploi est particulièrement hypocrite.
Alors, modifier la LHOM ?
NON, c’est NON !