Santé au travail ● La canicule tue, les syndicats de la construction SIT, Syna et Unia le martèlent depuis 2018. Campagnes de sensibilisation sur les chantiers, dénonciations publiques et pénales, demandes d’arrêt de l’activité économique, appel à la création d’un fonds intempéries d’indemnisation : un engagement qui commence à porter ses fruits.
Le 21 août 2023, alors que le thermomètre indique 39° à Genève, la médecin du travail prend la décision historique : d’arrêter l’activité pendant une semaine à 12h ou 14h, selon la pénibilité du travail. Méprisant cette décision, plusieurs grandes entreprises feront trimer leur personnel dans des conditions climatiques dantesques, ce à quoi les syndicats répondront par plusieurs plaintes pénales pour mise en danger de la vie et la santé des travailleurs-euses.
Depuis lors, d’importantes avancées ont été réalisées comme l’amélioration des directives à l’attention des employeurs ou la création, en 2024, d’une application permettant d’identifier les degrés de risque et les mesures de protection à prendre en fonction de l’activité.
Après deux ans, l’application Meteo@work, basée sur MétéoSuisse et les directives du Seco, s’avère sous-estimer la contrainte thermique et les risques pour les travailleurs-euses. C’est alors la méthode WBGT, qui prend en compte également le rayonnement solaire et la ventilation sur place, qui prend le pas.
En ce premier épisode caniculaire de 2026 aussi violent que précoce, les partenaires sociaux, réunis sous l’égide de l’OCIRT en urgence, ont pris connaissance des relevés effectués par l’OCIRT et l’IPE via la méthode WBGT. Ils en ont vite conclu à l’absolue nécessité d’arrêter toute activité extérieure à partir de 13h00 dès le 25 juin et jusqu’à la fin de l’épisode caniculaire.
Les syndicats se félicitent de cette décision. Pour le SIT, elle devra être renouvelée à chaque période de fortes chaleurs. En parallèle, les syndicats relancent une nouvelle fois Mme Delphine Bachmann concernant le projet de création d’un fonds d’indemnisation intempéries-canicule des travailleurs-euses financé par l’État et les patrons.
Thierry Horner