Pas de Suisse sans nous !

Le 14 juin prochain, la population sera appelée à se prononcer une nouvelle fois contre une initiative hypocrite, xénophobe et dangereuse de l’UDC.

Initiative UDC ● Le 14 juin, nous voterons sur l’initiative de l’UDC « Pas de Suisse à 10 millions (initiative pour la durabilité) ». Sous le prétexte de préoccupations liées au climat et à la durabilité, l’UDC mise sur sa politique de la peur pour nous faire croire, à tort, que la source de tous nos problèmes – crise du logement, perte d’espaces verts, embouteillages, surcharge de notre système public, même le manque de douches chaudes en hiver – serait due à l’immigration.

Mais ce que craint réellement l’UDC, ce n’est pas une prétendue surpopulation : ce sont des salarié-e-s, migrant-e-s ou non, doté-e-s de droits. C’est là le véritable objectif de cette initiative : diviser et affaiblir les travailleurs-euses pour sacrifier leurs acquis sociaux durement obtenus, à coups de racisme et de xénophobie.

L’hypocrisie de l’UDC

Si l’UDC cherche un bouc émissaire facile pour nos maux sociaux, elle ferait mieux de se regarder dans le miroir. Ce parti ultra-libéral s’oppose en réalité à toutes les initiatives pour la protection du climat, soutient la construction d’autoroutes détruisant les forêts, promeut le retour au nucléaire, défend servilement les grands propriétaires en laissant libre cours à une spéculation immobilière irresponsable et incontrôlée faisant grimper les loyers, bloque toute initiative visant à promouvoir les mobilités douces ainsi que les transports publics. Et tandis qu’il dilapide sans compter ni sourciller des milliards en armement inutile, ce parti use constamment de la tronçonneuse pour couper dans les prestations publiques.

C’est ce même parti qui demande aujourd’hui au peuple de voter pour une initiative qui nous ramènerait, de fait, vingt ans en arrière, au statut honteux de « saisonnier » en attisant la peur de « l’autre ».

« L’autre », c’est nous

Mais qui est donc cet « autre » que l’UDC cherche à nous faire craindre ? C’est le maçon qui construit nos maisons, nos écoles et nos villes. C’est l’ouvrier-ère agricole sans papiers qui cueille les raisins de nos vignes. C’est le-la serveur-euse et le-la nettoyeur-euse qui cumulent plusieurs emplois à temps partiel au salaire minimum (que l’UDC combat) pour joindre les deux bouts. C’est l’employé-e de maison qui s’occupe de nos enfants et de nos aîné-e-s. C’est le personnel hospitalier et de santé qui nous soigne. C’est l’enseignant-e et l’animateur-rice parascolaire… Suisse ou migrant, avec ou sans papiers, « l’autre » que l’UDC désigne, ce sont des travailleurs-euses, c’est nous.

Contre tous-tes les salarié-e-s

L’initiative de l’UDC n’est pas seulement une attaque contre les migrant-e-s, c’est une attaque contre l’ensemble des salarié-e-s en Suisse.

Elle prévoit d’abord que, si la population atteint 9,5 millions d’habitants d’ici 2050, des mesures drastiques seront prises pour restreindre le regroupement familial, les renouvellements de permis de séjour et les autorisations provisoires. Dans un second temps, si la limite arbitraire de 10 millions est dépassée, elle prévoit la dénonciation des accords sur la libre circulation et donc la suppression des mesures d’accompagnement.

Cela signifierait la fin du contrôle des entreprises, entraînant une explosion des abus patronaux, un affaiblissement du système des conventions collectives et des contrats-types de travail, ce qui aura comme résultat la sous-enchère salariale et le dumping généralisé.

Ce serait aussi la création d’une classe de travailleurs-euses kleenex : exploitables et privé-e-s du droit à une vie de famille, utilisé-e-s
puis jeté-e-s au gré des besoins patronaux, leurs enfants et leurs proches étant relégué-e-s
à la clandestinité.

À ce sinistre programme, il n’y a qu’une seule réponse à donner le 14 juin prochain : c’est NON.

Campagne
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