Dossier - services publics

Les bons comptes et la mauvaise foi

Malgré l’évidence des coupes dans les recettes, la droite répète à l’infini que Genève aurait un problème de dépenses.

Analyse ● Juste avant la publication du budget bis 2026, le Conseil d’État a présenté les comptes de 2025 dont le budget prévoyait un déficit de 250 millions. Et, oh surprise, pour la sixième année consécutive, les comptes sont bénéficiaires malgré les prévisions pessimistes. Ainsi, un boni de 50 millions s’écrit finalement.

Malgré ce résultat positif, le Conseil d’État crie à la crise des charges dites contraintes, c’est-à-dire celles qui découlent d’une loi. Il alarme à tort et à travers en expliquant que les charges augmentent plus vite que les recettes. Penchons-nous donc sur cette affirmation à l’aide des propres chiffres du Conseil d’État.

Entre 2025 et 2026, l’ensemble des charges de l’État croissent de 4 % pour s’établir à 11,328 milliards. Rappelons que ces dépenses sont destinées aux services publics à la population dans les domaines de l’éducation, du social, de la santé, etc. De leur côté, les recettes, principalement issues de la fiscalité, sont prévues à hauteur de 10,729 milliards, pour un déficit estimé à 600 millions. Avec ces chiffres, toute la droite nous dit qu’il s’agit d’une crise des dépenses et qu’il faut « dégraisser le mammouth » en démantelant les services publics.

Sauf qu’il convient de rappeler les multiples baisses fiscales accordées aux entreprises et aux plus riches ces 20 dernières années. La dernière de ces baisses, décidées en novembre 2024, a couté 450 millions à l’État (chiffres du Conseil d’État). Si ces 450 millions avaient été récoltés, les recettes auraient augmenté de 5 %, soit 1 % de plus que les dépenses… et on aurait donc pu financer les besoins en postes dans les services chroniquement en sous-effectifs, comme la protection des mineurs ou les HUG.

Dans le même numéro