Salaire minimum

Coup de canif dans le salaire minimum légal

Le 8 mars dernier, la droite et le patronat ont réussi leur première attaque contre le salaire minimum genevois. Mais la lutte continue.

Votations ● À grands renforts d’arguments mensongers et méprisants, la droite patronale est parvenue à porter un coup de canif dans le salaire minimum légal genevois. Le SIT salue quant à lui la campagne menée par ses militant-e-s et de nombreux-ses étudiant-e-s pour défendre ce dispositif conquis dans les urnes en 2020, et combattra les prochaines attaques avec d’autant plus de détermination.

Chantage, paternalisme et patriarcat

« Vaut mieux un travail à 18 frs de l’heure que pas de salaire du tout », a répété le patronat durant toute la campagne pour soi-disant « sauver les jobs d’été » de la disparition. Or, dans un contexte marqué par la précarité et le sous-emploi, ce chantage à l’emploi a manifestement fonctionné.

Un discours largement saupoudré de nostalgie du « c’était mieux avant » (c’est-à-dire il y a 50 ans en arrière), lorsque ce n’était pas franchement paternaliste et patriarcal, dont on trouve la synthèse dans l’édito du journal du Centre, délicatement intitulé « La cigale ne chante pas tout l’été » : « Quelques semaines de travail pendant les vacances scolaires, un peu d’argent de poche, et un bronzage de maître-nageur en attendant les plages ».

Mais la palme revient à Jacques Béné, directeur administratif de la FER et député PLR, qui, cherchant une réponse à la possibilité qu’ont les employeurs de limiter leurs coûts tout en respectant le salaire minimum en engageant les jeunes à 75% plutôt qu’à 100%, a lâché qu’un travail à temps partiel ne serait pas un « vrai boulot » mais un « passe-temps ». Les travailleuses, largement majoritaires dans les cohortes de l’emploi à temps partiel, apprécieront.

Prochains combats

« Nous ne remettons pas en cause le salaire minimum », ont hypocritement martelé les milieux patronaux la bouche en cœur durant toute la campagne. Mais nous n’y croyons pas une seule seconde, tant ils ont peiné à cacher leur jeu durant la campagne : « Payer plus de 24 francs de l’heure pour un emploi de courte durée, souvent à faible productivité, n’est tout simplement pas viable économiquement » (Vincent Canonica, député LJS et patron d’une grande entreprise de restauration à l’aéroport), « Un salaire de plus de 3 300 francs mensuel à plein temps reste digne, surtout pour un emploi temporaire, sans exigence de qualification » (Editorial du journal de la CCIG, février 2026).

Après cette première estocade au principe même du salaire minimum légal, le patronat et la droite ne manquerons pas de poursuivre la guérilla revancharde qu’ils-elles mènent sournoisement contre le salaire minimum depuis son introduction en 2020, à Genève comme depuis Berne, avec la mise en œuvre de la motion Ettlin (lire en page 6).

De notre côté, c’est donc avec d’autant plus de conviction, de détermination et de force que nous combattrons toutes les prochaines attaques contre le salaire minimum légal genevois, et que nous restons aux côtés des étudiant-e-s pour défendre leur droit à un salaire décent.

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