Office médico-pédagogique

Parfum de mobilisation à l’OMP

Le personnel de l’Office médico-pédagogique se serre les coudes sur le temps de travail et les salaires. Tour d’horizon.

Assemblée ● Le 10 juin passé, le personnel de l’Office médico-pédagogique (OMP) s’est réuni à l’Université ouvrière de Genève pour une assemblée générale convoquée par le SIT, la SPG et le SSP. Dans une salle pleine à craquer, plusieurs revendications ont été adoptées, sur lesquelles pourront s’appuyer les représentant-e-s du personnel dans plusieurs groupes de négociations : un temps en présence des élèves pour les éducateurs-trices identique à celui des enseignant-e-s, soit 24 heures par semaine, le refus du projet de directive départementale qui considère l’encadrement des repas par les enseignant-e-s comme du temps hors présence-élèves, et l’amélioration des conditions contractuelles des assistant-es socio-éducatifs-ves (ASE). De façon plus générale, le personnel exige que son travail soit reconnu et valorisé et que sa voix soit entendue.

Horaires des éducateurs-trices

L’OMP prévoit en effet de faire passer l’horaire des éducateurs-trices à 35,5 heures de présence-élèves par semaine pour un poste à plein temps, ce qui signifierait une augmentation significative de la charge de travail, sans compensation salariale équivalente. Les éducateurs-trices seraient ainsi amené-e-s à travailler à 120% de leur capacité antérieure tout en étant rémunéré-e-s à seulement 80 %, ce qui constitue une dégradation de leurs conditions de travail.

Car le temps en présence des élèves des éducateurs-trices a déjà continuellement augmenté ces dernières décennies, tandis que les tâches hors présence-élèves, essentielles au bon déroulement de leur mission éducative, n’ont pas diminué. Cette situation a contribué à une accumulation de travail non rémunéré, générant un épuisement professionnel important.

L’essence même du métier d’éducateur-trice est intrinsèquement liée aux tâches hors présence-élèves, telles que la préparation des activités, la collaboration avec les réseaux et les familles, ainsi que le suivi des élèves. Une réduction du temps consacré à ces tâches est une dévalorisation du métier. De la même façon, une différenciation des horaires en fonction des typologies d’établissement veut dire dévaloriser certains lieux de travail.


Temps de travail en jeu

Le temps de travail se trouve également au cœur des discussions de deux autres groupes de travail. L’un d’entre eux, qui inclut tous les ordres de l’enseignement, porte sur une directive sur le temps de travail des enseignant-e-s. Le personnel de l’OMP s’oppose fermement à toute velléité du DIP de considérer l’encadrement des repas comme du temps hors présence-élèves.

Un troisième groupe de travail porte sur les revendications des ASE concernant notamment la comptabilisation du temps de travail, la compensation des heures complémentaires et supplémentaires, le temps de préparation les pauses, la formation continue et autres éléments pertinents.

Revaloriser les salaires !

Par ailleurs, le personnel de l’OMP se joint au reste des employé-e-s des secteurs du social et de la santé en demandant une revalorisation de leurs salaires. Cette revendication s’appuie sur la nécessité de revaloriser des métiers essentiels, de plus en plus complexes, nécessitant des compétences élevées et qui sont majoritairement exercés par des femmes. Une revendication qui ne peut plus attendre la modernisation du système d’évaluation des fonctions en cours avec le projet G’Evolue.

Massimiliano Masini

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