À Genève comme dans toute la Suisse et le reste du monde, le 1er mai est le jour des travailleuses et des travailleurs. De toutes celles et ceux qui, par leur travail, font vivre ce pays. Cette journée rappelle une évidence : sans droits, pas de justice sociale.
Aujourd’hui, le monde du travail en Suisse est confronté à des pressions croissantes : précarisation, intensification du travail, attaques contre les protections collectives. Défendre les travailleuses et travailleurs, c’est défendre l’ensemble de la société.
À Genève, cette réalité est particulièrement visible. Dans le nettoyage, sur les chantiers, dans l’hôtellerie, l’économie domestique ou les soins, des milliers de travailleuses et travailleurs – souvent migrant-e-s, parfois sans statut légal –
assurent des activités indispensables, tout en subissant précarité et abus.
Fragiliser une partie des travailleuses et travailleurs, c’est fragiliser l’ensemble. Le dumping salarial est l’affaire de toutes et tous.
Le 14 juin, la population votera sur l’initiative très dangereuse de l’UDC : « pas de Suisse à 10 millions » (lire en page 5). Derrière un discours trompeur, elle vise à diviser le monde du travail et à affaiblir les droits. Car pour les patrons, rien de tel que de disposer d’une main d’œuvre au statut précaire pour tirer l’ensemble des conditions de travail vers le bas.
Le 1er mai nous rappelle que les droits ne dépendent pas du passeport. Défendre les personnes sans-papiers, c’est défendre toute la classe travailleuse.
Au-delà des enjeux locaux, ce Premier mai, journée internationale de lutte des travailleuses et travailleurs qui trouve son origine dans le mouvement ouvrier étasunien, comporte une résonnance particulière. Celle de la mobilisation des travailleuses et travailleurs de Minneapolis (et d’autres villes) contre les rafles de migrant-e-s menées par le gouvernement néofasciste de Trump et son bras armé ICE. Un modèle de solidarité qui force le respect, qu’on ne peut que saluer et s’en inspirer.
Fidèle à ses engagements, le SIT continuera à lutter pour des droits égaux, contre le dumping salarial, la xénophobie et le néofascisme, et pour le renforcement des protections collectives.
Nancy Aguirre