Votations du 14 juin – Toutes les prises de position du SIT

NON à l'initiative "Pas de Suisse à 10 millions"
NON à la modification des horaires des magasins

Le 14 juin, nous sommes appelé-e-s à donner notre avis sur un durcissement de l’accès au service civil.

Service civil : une liberté fondamentale
La Suisse a longtemps été la honte des droits humains, car elle emprisonnait les jeunes « objecteurs de conscience » qui refusaient de « servir » dans l’armée, par refus du militarisme, du machisme ou du patriarcat, pour des raisons éthiques, politiques, religieuses, écologiques etc. En 1996 (contre 1963 en France) est entrée en vigueur une loi permettant un service civil de remplacement, effectué dans des organisations d’intérêt public aux moyens notoirement insuffisants (santé, social, conservation de biens culturels, entretien du paysage et de la forêt, etc.).

Refusons les restrictions d’accès
C’est l’accès à ce service que la majorité militariste du Parlement veut rendre beaucoup plus difficile, en le réduisant de 40%. La loi empêchera certaines personnes d’y accéder, par exemple celles qui auront déjà fait l’école de recrues, et réintroduira l’« examen de conscience » !

Non à la militarisation
Dans un contexte de tensions internationales et de bruits de bottes, il faut marteler nos valeurs : ce n’est jamais par les guerres que les humains améliorent leurs conditions de vie. La militarisation dessert les salarié-e-s, car elle justifiera ensuite les coupes dans les budgets de la santé, des retraites et des services sociaux. Elle fait gonfler la peur et le repli sur soi qu’exploitent les extrêmes-droites. Elle nourrit des représentations machistes du rôle des hommes. Les travailleuses-eurs ont besoin au contraire de solidarité et d’entraide internationale, d’égalité et de droits sociaux.

Le SIT a soutenu le référendum contre l’affaiblissement du service civil, et appelle vivement à rejeter cette modification de la loi le 14 juin.

Comme si l’initiative xénophobe de l’UDC n’était pas suffisante, le 14 juin nous devrons nous exprimer aussi sur une loi islamophobe portée par la droite bourgeoise qui vise à empêcher les membres du Grand Conseil et des Conseils municipaux de signaler leur appartenance religieuse par des signes extérieurs lors de séances plénières et représentations officielles. Lors du débat au Grand Conseil, cette loi a été présentée par une députée PLR portant une passoire sur la tête. Une action parodique née aux États-Unis pour s’opposer à l’enseignement du créationnisme à l’école reprise pour exclure et discriminer des élu-e-s, notamment des femmes, pour leur religion.

Pour des institutions politiques représentatives de la pluralité de la population
Pour le SIT, la laïcité doit permettre l’expression des sentiments religieux, plutôt que les réprimer. Ce d’autant plus qu’il s’agit d’une mesure qui vise les élu-e-s, qui doivent représenter la pluralité de la population. Pour rappel, cela était aussi la raison pour laquelle, lors d’un vote précèdent à ce sujet en 2019, la Chambre constitutionnelle de la Cour de justice avait invalidé cette loi. De plus, elle ne concernerait aujourd’hui qu’une personne. Dernière d’une longue liste de lois visant à limiter le port du voile et d’autres signes similaires, cette mesure exclura les femmes musulmanes de la vie politique active et aura pour effet d’éloigner la politique et les institutions de la population.

Contre le racisme et l’islamophobie
Caractéristique des politiques de droite, plus ou moins extrême, en Suisse comme dans plusieurs pays voisins, l’islamophobie est un composant majeur de la violence au sein des frontières de la forteresse Europe : si les initiatives comme celle de l’UDC visent à maintenir un nombre grandissant d’étranger-e-s dans des situations précaires afin de disposer de main d’œuvre à bas prix, les lois qui limitent la participation politique des personnes musulmanes assurent la pérennisation de leur exclusion, une fois-même qu’elles ont obtenu un permis et la nationalité.

Contre la normalisation du racisme, NON à l’interdiction des « signes religieux ostentatoires » pour les élu-e-s le 14 juin !