Réchauffement climatique ● Mieux vaut tard que jamais. Après plusieurs années de campagnes actives sur les chantiers pour sensibiliser les entreprises à la nécessité de prendre les mesures adéquates pour protéger la santé et la vie de leur personnel en cas de fortes chaleurs, les syndicats genevois de la construction ont enfin été entendus.
Une nouvelle directive plus lisible et accessible à toutes les entreprises traitant des mesures de protection à prendre en cas de fortes chaleurs a été travaillée et finalisée par l’OCIRT en étroite collaboration avec les partenaires sociaux, et la création d’une application a été mise sur pied. Cette application a été annoncée en première suisse lors d’une conférence de presse organisée par le Département de l’économie et de l’emploi, la CGAS et l’UAPG le 20 juin dernier.
Nouvel outil
Cette application permettra d’identifier heure par heure les degrés de risques et les mesures de protection correspondantes à prendre, en fonction du type d’activité et de leur intensité physique. Pour le secteur de la construction, ces activités sont désormais définies précisément dans la directive. A noter que cette application n’est pas limitée au secteur de la construction, et est utilisable pour toutes les activités à l’extérieur.
Il s’agit d’un outil novateur pour améliorer les conditions de travail en extérieur qui a nécessité une formation dispensée par l’OCIRT à l’attention des entreprises et des travailleurs, spécialement pour les contremaitres et les chefs d’équipe souvent en première ligne dans la chaine de transmission des directives de leur hiérarchie. Les syndicats, de leur côté, dispenseront une information pratique à l’ensemble des travailleurs-euses, tout au long de l’été, lors de leurs visites sur les lieux de travail.
Cette année, les patrons n’auront donc plus d’excuse pour faire griller les travailleurs-euses sous la canicule.
Des campagnes qui portent leurs fruits
Les syndicats genevois mènent en effet depuis des années des campagnes sur les lieux de travail pour sensibiliser le personnel sur les dangers que constituent les fortes chaleurs pour la santé. Durant l’été infernal de 2023, les températures ont frisé les 40°, et les syndicats ont dû dénoncer pénalement plusieurs nouveaux cas de mise en danger crasse de la vie des travailleurs-euses sur certains chantiers. À n’en pas douter, ces actions pénales entamées par les syndicats à l’encontre des plus grandes entreprises de la place ont fait office d’électrochocs dans les milieux de la construction.
Depuis, l’OCIRT, l’inspection paritaire des entreprises, les syndicats et les organisations patronales ont travaillé en bonne intelligence pour créer des outils de protection plus accessibles et efficaces. Le SIT ne peut que s’en féliciter.
À Berne, un pas en avant, deux pas en arrière
Les revendications syndicales en lien avec le réchauffement climatique et la nécessité absolue de trouver de nouveaux modèles économiques pour protéger la santé du personnel trouvent peu à peu des échos. Ainsi, des motions ont été déposées tout récemment au parlement par le PS et le PLR, visant à modifier la loi sur le chômage et permettre l’indemnisation des travailleurs-euses en cas d’arrêt de travail pour cause d’intempéries. Or, ces motions ne vont pas assez loin car elles ne traitent que de la question des périodes de fortes chaleurs et excluent les milliers de travailleurs-euses temporaires, comme si la santé de ces derniers-ères était quantité négligeable. Pour le SIT, ces motions ne sont pas acceptables et il est urgent de trouver des pistes sur le plan local plus ancrée dans les réalités. Comme la mise sur pied d’un dispositif genevois d’indemnisation de tous-tes les travailleurs-euses, quel que soit leur statut, en cas de forte chaleur mais également de grand froid, de pluie ou de neige. Madame Delphine Bachmann s’est réjouie du lancement en première suisse de l’application Meteo@Work, nous l’appelons désormais à annoncer prochainement une nouvelle avancée majeure et novatrice, courageuse et en prise avec son temp : un fonds genevois intempéries-canicule actuellement élaboré par les partenaires sociaux genevois, dispositif pour lequel elle s’est jusqu’alors montrée dubitative.
Thierry Horner