Dossier - services publics

L’austérité en marche

À coups de budgets déficitaires malgré des comptes positifs, le Conseil d’État et la droite poursuivent sans sourciller leur offensive contre les services publics.

Budget 2026 ● Malgré des comptes excédentaires, le Conseil d’État poursuit ses coupes dans les services essentiels. Écoles, santé, accompagnement social : partout, le manque de moyens se fait déjà sentir, pas assez de postes et des subventions insuffisantes. Suite au refus du projet de budget 2026 en décembre par la majorité de droite du Grand Conseil, le Conseil d’État a ainsi déposé un nouveau projet à contre-cœur. Quasiment un copié-collé du précédent, ce projet sert avant tout le discours idéologique de l’austérité.

Coupes déjà appliquées

Son premier projet ayant été refusé, le Conseil d’État a tout de même déjà mis en œuvre certaines mesures d’économie, en dehors de tout contrôle démocratique. La plus conséquente financièrement : le gel de l’annuité pour une économie de 60 millions. La plus violente pour les personnes concernées : la baisse de 50 francs par mois de l’aide sociale, pour un non-dépensé de 12 millions (décision contestée par une pétition soutenue par le SIT). Mais cela ne s’arrête pas là, la droite majoritaire souhaite mettre fin à l’indexation des subsides d’assurances maladie, forcer les jeunes sans emploi à travailler gratuitement sous prétexte de les « activer », faire porter des charges aux communes déjà touchées par les baisses fiscales…

Plan d’économies annoncé

Tout ceci n’est qu’un hors-d’œuvre, puisqu’un plan d’économies, baptisé ECOGE, va être présenté d’ici juin. Étant donné que ce projet se construit en toute opacité et sans aucune négociation, on en sait très peu de choses. Ce qui est certain, c’est qu’il ne se concentre que sur les dépenses et pas sur les recettes. Il n’y aura donc pas de mesures fiscales pour contrebalancer (un peu) les inégalités sociales. En revanche, on ne doute pas que le Conseil d’État, avec tout son mépris de classe, n’hésitera pas à s’attaquer à nos écoles, nos hôpitaux et nos prestations sociales. Face à l’accroissement de la précarité et des besoins sociaux, aucune politique sociale ambitieuse n’est envisagée mais de l’austérité idéologique.

Une pénurie organisée

Car cette politique ne relève pas d’une nécessité, mais d’un choix. La préoccupation de la droite n’est absolument pas de s’assurer d’avoir un budget à l’équilibre. C’est de baisser les impôts des plus riches, et de diminuer les services publics qui servent à une tranche de la population à laquelle ses élu-es n’appartiennent pas. C’est de servir ses propres intérêts, ceux des plus privilégié-e-s. Et là, la droite arrive à faire un tel grand écart qu’il est surprenant qu’elle ne se soit pas encore cassé les adducteurs. Soit on a trop d’argent et on baisse les impôts (surtout des plus riches), soit on n’en a pas assez et on coupe dans les services publics.

C’est sûr que quand on veut aller dans des cliniques privées, écoles privées et engager des nounous sans papier payées sous le salaire minimum plutôt que d’envoyer ses enfants au parascolaire, ses intérêts ne sont pas au même endroit que le reste de la population.

Et on nous explique que vu le contexte mondial avec les guerres au Moyen-Orient, il faut se serrer la ceinture. Guerres qui par ailleurs, profitent aux entreprises de l’armement, entre autres, qui voient leurs bénéfices exploser.

Grève ce printemps

Bref, de l’huile sur le feu d’une crise sociale qui couve. Face à cette politique qui contribue à la montée des fascismes, nous appelons toutes les forces progressistes à se rassembler et à faire front dans la rue et sur les lieux de travail ! C’est pourquoi les services publics et subventionnés seront en grève ce printemps. On commence le 23 avril et la grève sera probablement reconduite. Nous appelons l’ensemble de nos membres qui travaillent dans le secteur privé à participer aux manifestations en tant qu’usagers et usagères des services publics. Public, privé, solidarité !

Dans le même numéro