Quand de grandes fortunes genevoises montrent leur vrai visage.
Très actif dans le secteur de l’économie domestique, le syndicat doit souvent défendre les plus précaires contre de puissants millionnaires.
Un employeur figurant parmi les 100 plus grandes fortunes de Suisse a licencié avec effet immédiat notre membre alors que celui-ci était en incapacité de travailler. Cette pratique est complètement illégale mais l’employeur en question ne s’arrête pas là.
L’employé de maison étant logé à domicile, son licenciement immédiat s’est accompagné d’une notice d’évacuation de son logement de fonction sur le champ avec menaces et harcèlement. Encore une fois, pratique illégale et d’autant plus abjecte que l’employeur en question, magnat de l’immobilier à Genève, avait des solutions de relocations à foison et dispose d’une propriété de 20’000m2 !
Grâce à l’intervention du SIT, l’évacuation a été empêchée. Dans l’attente de l’issue du litige au fond, l’employeur a finalement accepté de reloger notre membre dans un appartement meublé, sans obligation de payer le loyer, ainsi qu’un versement de 15’000 francs…
Le SIT ne ferme pas la porte aux plus précaires et met tout en œuvre pour les défendre, même lorsque les forces en question sont scandaleusement inégales. Si vous croyez, comme nous, à une justice pour les plus vulnérables, devenez membre. Votre cotisation est un gage de solidarité entre travailleurs-euses et rend possible ce genre d’interventions.
Pas d’immunité diplomatique pour exploiter son personnel domestique !
Gisèle est arrivée en Suisse il y plus de 20 ans, elle a toujours travaillé comme domestique privée pour des diplomates. Son dernier employeur l’engage en avril 2020, en pleine épidémie de Covid19. Elle travaille dur, mais ne reçoit aucun salaire. Pendant plusieurs mois, elle se mure dans le silence par crainte de perdre son droit de séjour en Suisse. Extrêmement atteinte dans sa santé, elle se confie finalement à sa thérapeute qui s’adresse à la Mission Suisse pour signaler les abus. Gisèle reçoit sa lettre de licenciement par WhatsApp avec un mois de préavis.
Avec sa sœur et deux autres collègues rencontrant la même situation, Gisèle frappe alors à la porte du Collectif de soutien aux sans-papiers, qui identifie d’emblée une situation pouvant être qualifiée de traite des êtres humains. Avec le soutien du SIT et trois bureaux d’avocat-e-s commence alors une longue bataille judiciaire pour elle et ses collègues. Pendant quatre ans, l’avocat de la défense a brandi le bouclier de la protection diplomatique pour contester la recevabilité de la démarche de Gisèle.
L’immunité diplomatique sert-elle donc à couvrir les pires exactions ? Le tribunal Fédéral a tranché en septembre 2025 : NON. Celui-ci reconnait de façon précise et nette que la protection des travailleurs-ses prime sur l’immunité diplomatique.
Le SIT salue avec force cet arrêt qui marque un tournant historique, récompense l’immense courage de ces travailleuses et facilitera le travail du tribunal civil à l’avenir. Un clair espoir de justice pour tout-e-s ces employé-e-s vulnérables, sans qui la « Genève internationale » dont se gausse le canton ne mangerait jamais à l’heure dans des maisons propres. En étant membre du SIT, vous œuvrez directement pour la protection des travailleurs-euses de l’économie domestique.
Connaître ses droits en cas de grossesse, un enjeu primordial pour les travailleuses
Anna* travaille comme employée de maison depuis plus de 10 ans pour la même employeuse. Or, dès qu’elle montre les premiers signes d’une grossesse, cette dernière s’empresse de la licencier. Lorsque Anna tente de plaider sa cause en mentionnant sa grossesse, l’ex-employeuse se félicite d’avoir vu juste et confirme le licenciement.
Licencier une employée alors qu’elle est enceinte est illégal. L’employeuse en question le sait pertinemment. Pour se protéger, elle ira même jusqu’à embaucher un grand avocat. La membre, en revanche, ne connaissait pas ses droits. Plusieurs mois passent, et c’est lorsque celle-ci fait une demande à l’OCAS, qu’elle découvre que n’étant pas salariée lors de l’accouchement, elle ne peut recevoir d’indemnités maternité.
De fil en aiguille, le SIT découvre le pot aux roses et la malhonnêteté de l’employeuse qui avait misé sur l’ignorance d’Anna. Le droit du travail donne toutefois raison au SIT et Anna obtient victoire et réparation : une année complète de salaire (par ailleurs rectifié pour qu’il respecte les minimums légaux) et une indemnité de 25’000 francs !
Connaître ses droits est la première étape pour pouvoir les faire respecter. C’est pourquoi, le SIT produit du matériel d’information et maintien des permanences ouvertes à l’ensemble des travailleurs. Ces permanences sont rendues possible grâce à la solidarité collective des membres. Être syndiqué-e au SIT, c’est défendre les droits de tous-tes les travailleurs-euses à Genève. Ensemble, nous sommes plus forte-es !