Votations ● Après la double victoire référendaire sur le PAV le 3 mars dernier, le rejet populaire de l’offensive patronale sur les usages de l’accueil préscolaire par 57% de NON constitue un nouveau frein à l’arrogance de la droite majoritaire au Grand Conseil. Un message clair à son attention : cette majorité conquise en 2022 sur un faible taux de participation n’est pas un blanc-seing populaire à son programme politique antisocial.
Cette majorité parlementaire n’a ainsi pas été suivie dans sa volonté d’ouvrir la porte à une dégradation des conditions de travail et d’accueil des enfants, sans pour autant créer les nouvelles places en crèche tant attendues par les nombreux parents en liste d’attente. Ce n’est pas en supprimant les usages professionnels et en appliquant le salaire minimum que l’on rendra attractives ces professions de l’éducation du jeune enfant. Au contraire, le SIT poursuivra son travail syndical dans le secteur dans le but de valoriser l’ensemble du personnel essentiellement féminin des structures d’accueil préscolaire et permettre le développement d’un accueil de qualité.
Plus d’investissements publics pour plus de places de crèches
Le syndicat appelle maintenant à renforcer les investissements des collectivités publiques pour réduire la pénurie de places et de personnel diplômé et à conduire enfin une politique publique de la petite enfance de qualité. Il faut mettre un terme à l’assèchement systématique des recettes fiscales qui entrave le développement de ce secteur et l’activité professionnelle des parents. Il s’agit d’un investissement pour l’avenir de nos enfants et d’un puissant levier pour la réalisation de l’égalité professionnelle entre femmes et hommes.
Contrôles et versements rétroactifs
Il revient maintenant aux autorités de contrôle (OCIRT et SASAJ) de faire respecter la loi en veillant à ce que les structures se mettent en règle vis-à-vis de leurs employé-e-s. Le Tribunal fédéral a été clair. La liberté économique a des limites. L’application des usages professionnels doit être respectée par les structures privées comme subventionnées pour contrer la sous-enchère sur les conditions de travail et de salaire dans ce domaine et garantir la qualité de l’accueil préscolaire. Le syndicat appuiera toutes les actions, y compris juridiques, afin que les crèches privées qui se sont affranchies des règles en refusant d’appliquer les usages professionnels et même le salaire minimum légal, versent les rétroactifs dus au personnel lésé. Une réclamation est possible sur les cinq dernières années !
La lutte contre la sous-enchère continue
Le SIT combattra toute nouvelle attaque sur la qualité de l’encadrement des enfants dans les structures d’accueil préscolaire et toute forme de dérégulation du marché du travail dans l’ensemble de l’économie genevoise. Les conditions minimales de travail et de prestations sociales en usage doivent être défendues, car c’est un outil indispensable pour contrer toute tentative de sous-enchère salariale, ce d’autant plus dans une période de fort renchérissement des prix.
Valérie Buchs