Référendum ● La droite majoritaire au Grand Conseil n’est jamais à court d’idées pour empêcher la construction de logements abordables et favoriser les propriétaires fonciers. En réaction à l’initiative « pour un urbanisme démocratique », déposée par des propriétaires de villas et qui visait à compliquer autant que possible le développement de nouveaux quartiers, elle a voté un contre-projet qui répond à l’essentiel de leurs revendications. La majorité des propriétaires pourront ainsi demander un référendum communal sur le plan localisé de quartier (PLQ) les concernant, sans même avoir à récolter des signatures. L’initiative ayant été retirée, le seul moyen de s’opposer à ce contre-projet inique est de le combattre par référendum. C’est ce que fait le SIT, avec l’Asloca, l’ensemble des partis de gauche, et la CGAS.
NON à une démocratie censitaire
Cet avantage exorbitant octroyé à une catégorie déjà privilégiée de la population est un véritable scandale démocratique et un retour à l’époque heureusement révolue du vote censitaire, lorsque les droits politiques étaient réservés aux plus riches. Un-e propriétaire, habitant-e ou non de la commune (ou pourquoi pas un fonds de placement domicilié dans un paradis fiscal…) n’est pas au-dessus des autres citoyen-ne-s !
Alors que cette même droite a férocement combattu l’extension des droits politiques des résident-e-s étrangers-ères, accorder ce droit de référendum particulier aux propriétaires démontre bien sa conception de la démocratie : pour les riches et rien que pour les riches.
Nouvelles hausses de loyers en vue
Ce nouveau droit place de facto les propriétaires en position de force dans les négociations toujours compliquées qui précèdent la création d’un PLQ. En menaçant de lancer le référendum, ils pourront augmenter la valeur de leur bien immobilier et obtenir un maximum d’argent au moment de la vente. Mathématiquement, ce chantage aura pour effet une hausse des loyers pour les futurs locataires et une baisse de la qualité des logements et des aménagements publics afin de compenser le prix trop élevé payé pour le terrain.
À vos stylos
Alors que la pénurie de logements continue de faire rage à Genève, la zone villa constitue la principale opportunité de création de logements abordables pour toutes et tous. Ne nous laissons pas confisquer le débat démocratique par une poignée de propriétaires ! Signez et faites signez le référendum « Non au blocage du logement abordable à Genève – Non aux privilèges pour les propriétaires » !
Ignace Cuttat