Votations du 8 mars 2026 – Communiqué de presse du SIT

COUP DE CANIF DANS LE SALAIRE MINIMUM LÉGAL, MAIS LA LUTTE CONTINUE !

Car la droite et le patronat ont plus que peiné à cacher leur jeu durant la campagne : « Payer plus de 24 francs de l’heure pour un emploi de courte durée, souvent à faible productivité, n’est tout simplement pas viable économiquement » (Vincent Canonica, député LJS et patron d’une grande entreprise de restauration à l’aéroport), « Un salaire de plus de 3300 francs mensuel à plein temps reste digne, surtout pour un emploi temporaire, sans exigence de qualification » (Editorial du journal de la CCIG, février 2026). Sous couvert de soi-disant sauver les « jobs d’été » d’une prétendue « disparition », il s’agissait en réalité de porter une première estocade au principe même du salaire minimum légal, prémisse à d’autres attaques.

Paternalisme et patriarcat

En ce 8 mars, journée internationale de lutte pour les droits des femmes, on ne manquera pas de dénoncer le discours paternaliste et patriarcal tenu par nos adversaires durant toute la campagne sur les « jobs d’été », dont on trouve la synthèse dans l’édito du journal du Centre, délicatement intitulé « La cigale ne chante pas tout l’été » : « Quelques semaines de travail pendant les vacances scolaires, un peu d’argent de poche, et un bronzage de maître-nageur en attendant les plages ». Les étudiant-e-s précarisé-e-s apprécieront.

Mais la palme revient à Jacques Béné, directeur administratif de la FER et député PLR, qui, cherchant une réponse à la possibilité qu’ont les employeurs de limiter leurs coûts tout en respectant le salaire minimum en engageant les jeunes à 75% plutôt qu’à 100%, a lâché qu’un travail à temps partiel ne serait pas un « vrai boulot » mais un « passe-temps »… Ici, ce sont les travailleuses qui apprécieront cette conception patr-onale-iarcale de leur travail.

Prochains combats

« Nous ne remettons pas en cause le salaire minimum », ont hypocritement martelé les milieux patronaux la bouche en cœur durant toute la campagne. Si c’était vrai, nous attendons donc qu’ils cessent la guérilla revancharde qu’ils mènent sournoisement contre le salaire minimum depuis son introduction en 2020, et qu’ils s’opposent maintenant résolument à la mise en œuvre de la motion Ettlin, au programme du parlement fédéral ce printemps.

Mais nous n’y croyons pas une seule seconde.  C’est donc avec d’autant plus de conviction, de détermination et de force que nous combattrons toutes les prochaines attaques contre le salaire minimum légal genevois, et que nous restons aux côtés des étudiant-e-s pour défendre leur droit à un salaire décent.

Le SIT salue un résultat qui maintient un service public suffisant en Suisse, essentiel face à la mainmise progressive des dominants et de l’économie sur la presse. Le résultat permet également de limiter les pertes d’emplois dans ce secteur, sans toutefois les éviter complètement, vu la baisse de financement déjà décidée par Albert Rösti. Après le rejet de No Billag en 2018, ce deuxième scelle la nécessité d’un service public audiovisuel fort pour une Suisse multilingue, et qui doit aussi être en mesure de soutenir la création artistique indigène.

Le SIT regrette le résultat du vote sur le fonds climat, y compris par une majorité de la population genevoise. Alors que la Suisse est loin d’atteindre ses objectifs, et que le réchauffement climatique s’accélère dramatiquement, ce résultat est une nouvelle occasion manquée de réagir à hauteur des enjeux existentiels que représente la protection du climat.

Le SIT continuera néanmoins à se battre pour une transition écologique et sociale digne de ce nom. Il en va de la santé des travailleuses et des travailleurs, et de l’avenir de la planète. Le climat n’attend pas, nous non plus.

Le SIT se félicite enfin de la mise en place d’une imposition individuelle qui met fin à la pénalisation du travail des femmes mariées à travers l’imposition. Il appelle à ce que les pertes qu’elle induira soient compensées intégralement au vu de la situation économique et sociale du canton. Il sera donc très attentif à sa mise en œuvre.

Campagne