Référendum ● La Suisse s’était dotée d’une loi limitant les exportations d’armes, pour empêcher que des armes suisses soient livrées à des pays en guerre civile ou à des régimes injustes. La loi avait déjà été contournée (matériel de guerre suisse entre les mains de groupes terroristes, comme des grenades à main RUAG aux mains de l’État islamiste, char Mowag aux mains de Boko Haram et fusils d’assaut SIG Sauer utilisés dans la guerre civile au Yémen). Mais l’initiative contre les exportations d’armes (initiative corrective) avait permis, depuis 5 ans, de fortement diminuer ces risques.
Mais le lobby de l’armement, et une majorité parlementaire veulent revenir en arrière et autoriser les exportations même vers des États qui violent systématiquement les droits humains et utilisent des armes contre la population civile ! Des armes suisses pourraient ainsi être vendues au gouvernement d’Orban en Hongrie, de Javier Milei en Argentine, ou à l’Arabie saoudite de M. Ben Salmane. Les déclarations de non-réexportation seraient supprimées, et des armes suisses pourraient se retrouver sans contrôle dans des guerres à travers le monde, par exemple revendues à Israël ou au Soudan. Enfin, la possibilité d’exemption des critères d’exportation est enlevée au Parlement au profit du seul Conseil fédéral, ce qui constitue un affaiblissement de la démocratie suisse.
Aujourd’hui, les tensions montent, mais la militarisation n’est pas la solution. Assouplir les dispositions relatives à l’exportation de matériel de guerre attisera encore les conflits dans le monde, avec notamment comme conséquences terribles de pousser des millions de personnes à fuir leur pays, et contribuera à rendre le monde plus dangereux.
Le SIT appelle à signer le référendum lancé par l’alliance formée de partis de gauche, d’associations de solidarité internationale, de milieux chrétiens et antimilitaristes ou de défense des droits humains.
Jean-Luc Ferrière