Questions-réponses sur l’imposition de la saisie obligatoire des heures via la Gestion des Temps et des Activités de SIRH (GTA).
Syndiquez-vous et rejoignez l’Assemblée générale du personnel de l’OMP mardi 17 février 2026, 18h30 (en ligne) !
Le métier d’éducateur-rice à l’OMP, comme d’autres fonctions au DIP, comporte une série de spécificité liées à l’organisation du travail annualisée sur l’année scolaire. Tout-e employé-e de l’État doit effectuer 1800 heures sur une année pour 100 % (1760 heures pour les membres du personnel jusqu’à 20 ans et dès 60 ans et bénéficie de 5 semaines de vacances (6 jusqu’à 20 ans et dès 60 ans). Étant dans l’impossibilité de travailler en dehors des périodes scolaires, notre horaire est lissé sur 38,5 semaines de travail et implique donc 46h45 de travail hebdomadaire.
Avec l’imposition de la directive sur le temps de travail des éducateur-rice-s de l’OMP (D.DGOMP.RH.01) à la rentrée 2025 et de la saisie obligatoire des heures via la Gestion des Temps et des Activités de SIRH (GTA), plusieurs problèmes concernant les pratiques de gestion du temps des éducateur-rice-s par l’OMP ont été mis en lumière. Avant, en effet, du point de vue des RH de l’État, les éducateur-rice-s avaient un horaire fondé sur la confiance par analogie avec les enseignant-e-s. Pourtant, un horaire fondé sur la confiance prévoit l’attribution d’objectifs clairs, mesurables, atteignables et réalisables dans un délai défini, dans le cadre d’un projet d’évolution de la culture managériale reposant sur les principes de résultat, responsabilité, autonomie, collaboration et confiance. Or, la directive D.DGOMP.RH.01 sur le temps de travail des éducateur-rice-s, qui mentionne l’horaire variable à son point 5, ne s’inscrit manifestement pas dans cette logique.
Mais essayons de clarifier les différents points.
IMPOSITION DE LA SAISIE OBLIGATOIRE DES HEURES
Oui. De fait nous étions une des seules fonctions du personnel administratif et technique (PAT) à y échapper.
L’employé-e peut-il ou elle refuser de pointer ?
Nous déconseillons de le faire dans votre coin car ça pourrait être considéré comme une infraction à vos devoirs de service et ainsi vous exposer à des sanctions disciplinaires. L’assemblée du personnel de l’OMP pourrait décider de refuser collectivement.
Cette modification touchant aux conditions de travail, les employé-e-s ont le droit de s’organiser pour contester l’inadéquation de la GTA à la réalité du travail et à son imposition par l’employeur.
En Suisse, ce sont les organisations syndicales qui sont reconnues comme partenaires sociales et qui peuvent défendre les employé-e-s et leurs conditions de travail. Si les négociations n’aboutissent pas, les employé-e-s peuvent mandater les syndicats pour lancer des actions de luttes. Ces décisions sont prises lors d’assemblées du personnel sous forme de résolutions.
LIMITES DE LA GTA
Toute journée de 7h de travail doit comprendre une interruption de travail non rémunéré de 30 minutes. Si l’employé-e ne peut pas prendre son interruption de travail, le système lui retranche automatiquement le temps manquant qu’il considère comme chômé (2h30).
L’employé-e peut corriger la durée exacte de l’interruption mais, lors d’événements extraordinaires, la compensation en temps sans majoration de l’interruption non prise devra être demandée par la hiérarchie à l’OPE.
La journée type et l’horaire type devraient être de 9h, mais il est possible d’aller jusqu’à 10h45.
Si l’employé-e effectue plus de 10h45 en une journée, le système écrête les heures en sus et ne les comptabilise pas.
Ce qui est prévu : “Une demande via le formulaire officiel est adressée au service de gestion horaire de l’OPE par le responsable hiérarchique pour tenir compte de la durée excessive.” Mais où est ce formulaire ?
Les heures de travail sont comprises du lundi au vendredi entre 6h et 19h.
Si l’employé-e prépare une activité ou remplit un PEI en soirée (après 19h) ou le weekend, l’inscription de ces heures sur GTA doit être validée par la hiérarchie.
Si l’employé-e doit participer à un évènement exceptionnel (67h15 de temps variable pour un 100%) en fin de journée ou en week-end, l’inscription de ces heures doit être validée par son-sa DirES.
La saisie se fait soit une fois par semaine (mais maximum une seule fois), soit chaque jour (avec autant de changements que nécessaire), soit en direct.
Vous pouvez faire les corrections nécessaires vous-mêmes dans la semaine, ou votre supérieur-e hiérarchique dans le mois.
Faites remonter chaque erreur !!
Non. Pour les raisons décrites ci-dessus, il n’est pas possible de saisir les heures quand elles ont été travaillées dans certains cas. Certain-e-s DirES et RP demandent de les noter ces heures à d’autres moments possibles, comme lors d’un jour de congé ou d’un jour pendant lequel vous avez moins travaillé, ce qui est problématique de plusieurs points de vue et pas toujours possible. Ces heures ne doivent pas être saisie lors de congés compensatoires (pendant les vacances scolaires).
DES NOUVELLES REGLES ?
Théoriquement, non.
Heures complémentaires = toutes les heures travaillées durant une journée planifiée, planifiable ou prévue dans le cadre habituel de travail, notamment du cahier des charges. Ces heures permettent d’accumuler le solde nécessaire à pouvoir prendre des congés compensatoires en plus des 5 semaines de vacances règlementaires pendant les vacances scolaires.
Heures supplémentaires = si c’est du lundi au vendredi, l’activité demandée par la hiérarchie qui dépasse un minimum de 10h45 par jour. Si c’est le samedi, le dimanche ou lors de congé officiel, l’activité demandée par la hiérarchie qui n’entre pas dans le cadre habituel de travail, notamment du cahier des charges, et dépasse le cycle horaire.
Les heures supplémentaires ne peuvent, en règle générale, ni excéder l’horaire de 2 heures par jour, ni de 220 heures par année.
Toutes les heures travaillées. Contrairement à d’autres structures de l’enseignement spécialisé, à l’État (et donc à l’OMP), il n’y a pas de base règlementaire pour déduire certaines heures. Cependant, nous observons des pratiques différentes entre DirES. Il est impératif de communiquer aux syndicats les réponses de vos DirES.
Selon les principes de l’annualisation du temps de travail, lors d’une absence pour maladie, accident, maternité, etc. ce sont les heures contractuelles (40 heures par semaine à temps plein) et pas les heures réelles (46h45 par semaine quand on ne travaille pas pendant les vacances scolaires) à être décomptées. En principe, l’employeur pourrait demander de récupérer ces heures pendant les vacances scolaires.
Par contre, si vous êtes en arrêt pendant vos vacances ou des congés compensatoires que vous avez accumulé, vous avez droit de les récupérer. Il sera nécessaire de veiller à que le solde des congés vous permette de le faire.
Non. Ces deux changements ont introduit plusieurs problèmes dont nous avons déjà discuté, mais elle se limitent à visibiliser des problèmes en lien avec les absences, les heures supplémentaires et le travail pendant les camps qui existent pour la grande partie du personnel avec un horaire annualisé, surtout avec un grand nombre de congés compensatoires comme dans le cas des personnes ne travaillant pas pendant toutes les vacances scolaires. Il s’agit juste de raisons en plus pour s’organiser et pousser la direction générale et le département à adresser selon les demandes du personnel.
Le personnel enseignant est soumis au Règlement fixant le statut des membres du corps enseignant primaire, secondaire et tertiaire B (RStCE – B 5 10.04), les éducateur-rice-s au Règlement d’application de la loi générale relative au personnel de l’administration cantonale, du pouvoir judiciaire et des établissements publics médicaux (RPAC – B 5 05.01), comme tout le personnel administratif et technique (PAT) de l’État et, plus ou moins directement, de plusieurs institutions subventionnées (comme les EPI et les HUG).
Le temps de travail du personnel enseignant est compté en périodes plutôt qu’en heures et ces périodes sont fixés dans le RStCE ; la répartition du temps de travail des éducateur-rice-s de l’OMP entre temps en présence et hors présence des élèves est fixée par une directive (D.DGOMP.RH.00.01)
Finalement, le personnel enseignant est soumis à l’horaire fondé sur la confiance qui, en principe, ne permet pas de réclamer des heures travaillées en plus de ce qui est prévu.
ET MAINTENANT ?
Quelles options sont possibles ?
Refuser collectivement le pointage et demander l’horaire à la confiance, toute en gardant la demande d’un maximum de 28 heures par semaine maximum pour un éducateur-rice à temps plein en présence des élèves.
Ou accepter le pointage mais dans le cadre d’une nouvelle directive sur le temps de travail des éducateur-rice-s de l’OMP qui formalise les 28 heures par semaine en présence des élèves (pour un temps plein) comme un maximum pour les éducateur-rice-s et adapte le système de pointage (GTA) à la réalité de travail en modifiant certains principes identifiés en haut.
L’assemblée du personnel de l’OMP du 21 janvier s’est positionnée plutôt pour cette deuxième option, mais dans les deux cas il faudra aussi garantir l’unité du personnel en tenant en compte des spécificités du travail des ASE, pour qui le pointage a aussi été imposé.
Qu’est qu’on fait de tout ça ?
Jusqu’à qu’une solution convenable et en ligne avec les demandes du personnel ne soit négocié avec la direction générale et le département, il est impératif de :
- Noter toutes les heures réelles travaillées sur l’outil fourni par les syndicats et nous transmettre vos décomptes afin d’évaluer la charge de travail sur le terrain et des possibles pistes juridiques pour contester les changements ;
- Saisir toutes les heures réelles travaillées sur la GTA, même lorsqu’elles dépassent l’horaire habituel ;
- Corriger tout ce qui semble être une erreur dans l’espace d’une semaine ;
- En cas de problème en lien avec les limites identifiées plus en haut
- remonter tous les problèmes rencontrés aux DirES et aux RH, qui ont la responsabilité d’accompagner l’introduction du pointage et de faire part des difficultés à la Direction générale ;
- nous communiquer ces difficultés et tout problème rencontré dans la mise en œuvre avec les DirES afin qu’on puisse aussi faire le suivi avec la Direction général ;
- rentrer ces heures sur le système HR4YOU qui, normalement, le permet sauf dans les cas détaillés plus en haut. Dans les cas identifiés, pour lesquels une demande ou la validation de la hiérarchie est nécessaire pour pouvoir saisir ces heures ou les comptabiliser, si la hiérarchie refuse de faire le nécessaire ou en cas d’autres problèmes, il est possible de faire des captures d’écran.
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Mardi 17 février 2026, 18h30 en ligne