Le SIT soutient la mobilisation du peuple Kurde

Depuis des décennies, le peuple Kurde est discriminé, dans la violence. Pour l’autonomie des peuples et contre la discrimination, le SIT soutient la lutte du peuple Kurde. Soutenir cette lutte, c’est soutenir un combat pour la démocratie par le bas, le féminisme et l’écologie. Autant de valeurs que nous partageons.

Manifestation de soutien:

Mardi 7 février 2026

à 12h

sur la plaine de plainpalais.

Pourquoi soutenir la lutte du peuple Kurde au Rojava ?

  • Les Kurdes sont un peuple qui se font discriminer depuis des décennies, dans la violence
  • Les Kurdes mettent en place depuis plusieurs années, le confédéralisme démocratique au Rojava
  • Soutenir la lutte du peuple Kurde c’est soutenir une lutte où les femmes sont à l’avant-garde : c’est la libération des femmes qui est garante de la libération de la société
  • C’est soutenir un travail démocratique qui intègre des réflexions écologistes et anti-extractivistes
  • C’est un mouvement qui donne une grande place aux nouvelles générations
  • Les pays occidentaux jouent également un rôle sur ce qui se passe au Rojava, et manifester en Europe ou ailleurs, c’est aussi demander à nos gouvernements de prendre position en faveur d’une solution politique démocratique au moyen-orient qui cherche l’unité des peuples et l’autodétermination de ces derniers
  • Les expériences de nouvelles formes de démocratie, visant à donner du pouvoir au peuple, aux travailleurs et aux travailleuses, et non à la classe dirigeante et possédant les moyens de production, est une lutte internationale

La position du SIT en détail

Depuis plusieurs années, les Kurdes mettent en place le confédéralisme démocratique au Rojava (nord-est de la Syrie). Le confédéralisme démocratique, théorisé par Abdullah Öccalan, propose une alternative au système capitalisme et au système extractiviste qui nous mène droit dans le mur, en détruisant notre planète.  

Au Rojava et dans le confédéralisme démocratique, les femmes sont à l’avant-garde. C’est la libération des femmes qui est garante de la libération de la société. C’est également un mouvement qui donne une grande place aux nouvelles générations.

Nous appelons à la mobilisation ici, à Genève, car les pays occidentaux jouent également un rôle sur ce qui se passe au Rojava, et manifester en Europe ou ailleurs, c’est aussi demander à nos gouvernements de prendre position en faveur d’une solution politique démocratique au moyen-orient qui cherche l’unité des peuples et l’autodétermination de ces derniers.

Les expériences de nouvelles formes de démocratie, visant à donner du pouvoir au peuple, aux travailleurs et aux travailleuses, et non à la classe dirigeante et possédant les moyens de production, est une lutte internationale. Redonner du pouvoir aux travailleuses et travailleurs est le rôle des syndicats et nous ne pouvons que soutenir un mouvement qui va dans ce sens.

Les gouvernements occidentaux qui soutenaient publiquement les Kurdes dans la lutte contre l’Etat Islamique et Daech, les abandonnent maintenant à leur sort. Nos gouvernements ne veulent pas d’une démocratique au Moyen-Orient qui montre au monde entier qu’une alternative au système capitaliste est possible.

Nous condamnons les violences qui ont lieu au Rojava actuellement. Ce déploiement de violence est intervenu après l’interruption brutale des négociations entre l’Administration autonome du nord et de l’Est de la Syrie, les Forces démocratiques syriennes d’un côté et le gouvernement syrien de transition présidé par Ahmed al-Charaa d’un autre côté.

Le gouvernement Syrien s’est saisi de force des territoires Kurdes, des violences ont eu lieu. Les forces du gouvernement Syrien ont tué des civils, attaqué des maisons et des infrastructures comme des hôpitaux. Des milliers de personnes sont déplacées. 

Ces violences ne sont malheureusement pas nouvelles. Malgré les promesses faites aux Occidentaux d’un gouvernement “inclusif”, le pouvoir et ses forces sécuritaires saisissent le moindre prétexte pour pratiquer des politiques de représailles à l’encontre des communautés minorisées, constituant de possibles crimes contre l’humanité. En mars, des massacres ont visé les communautés Alaouites aux alentours de Tartous suite à un soulèvement d’ancien cadres du régime Assad. En juillet, l’instrumentalisation de conflits locaux historiques complexes avec les populations bédouines et druzes a mené à un massacre. Des communautés druzes ont été assiégées à Soueida et même bombardées par le gouvernement. Un attentat a été commis contre une église de Damas. Dans le même temps, Al Charaa a annoncé l’intégration de combattants djihadistes dans l’armée régulière.

Malgré ces faits, l’Union européenne vient de signer un chèque de 620 millions d’euros au gouvernement syrien pour la reconstruction du pays. Ces actes incarnent une diplomatie où les droits humains et les aspirations des peuples sont sacrifiés sur l’autel des intérêts économiques et géopolitiques. La Syrie représente une manne pétrolière, un nouveau marché pour la France et les autres puissances occidentales. C’est aussi un partenaire stratégique pour le gouvernement israélien responsable de génocide selon la commission d’enquête du Conseil des droits de l’homme de l’ONU, avec qui des accords ont été conclus à Paris début janvier sous la supervision des Etats-Unis.

Il est essentiel de le dire clairement : ce qui se joue aujourd’hui en Syrie n’est pas un affrontement communautaire ou religieux, comme trop souvent présenté dans les discours médiatiques et politiques.

Nous appelons donc les organisations internationales humanitaires basées à Genève à apporter leur soutien aux Kurdes. Nous condamnons les attaques menées contre les structures démocratiques du Rojava et contre les peuples. Nous soutenons que la communauté internationale doit prendre une position ferme pour protéger les populations, défendre les droits et les territoires des kurdes de Syrie, défendre l’autonomie des institutions civiles et politiques dans les régions Kurdes, le retour de tous les déplacés dans les régions occupées par les milices soutenues par la Turquie, ainsi que la coexistence pacifique et l’autodétermination de tous les peuples qui composent la Syrie.

Appel à mobilisation
04.02.2026