Construction

La mobilisation porte ses fruits

Nouvelle convention nationale signée : grâce à leur lutte exemplaire, les maçons ont fait reculer la SSE et ont décroché sur le fil des avancées non négligeables.

Gros œuvre ● Face aux attaques patronales sans précédent visant à démanteler leurs conditions de travail, plus de 15 000 travailleurs de la construction se sont mobilisés dans toute la Suisse, tout au long de l’automne, pour obtenir une nouvelle convention nationale (CN) digne de ce nom. Avec succès puisqu’un accord de dernière minute entre les parties excluant toutes les attaques patronales et prévoyant plusieurs améliorations en termes de temps de travail et de pouvoir d’achat a été conclu. Après un conflit social particulièrement dur dans tout le pays et dix rounds d’âpres négociations entre les syndicats et la société suisse des entrepreneurs (SSE), le secteur a évité un vide conventionnel au 1er janvier 2026 et les quelques 80 000 maçons qui participent à la construction de la Suisse et à sa richesse pourront compter à l’avenir sur des conditions de travail et de salaire enfin améliorées.

Temps de déplacement et indemnité de chantiers

Le temps de déplacement sera désormais compté à partir de la première minute et comptera en partie comme temps de travail. Il s’agit d’une avancée majeure qui mettra fin à une injustice crasse pour les travailleurs qui jusqu’alors devaient payer pour aller travailler et renforcera la protection contre les longs temps de trajet.

Une nouvelle indemnité de chantier de 9 frs par jour sera introduite (4 frs en 2026, 2,50 frs en 2027 et 2,50 frs en 2028). Elle couvrira sous forme de forfait une partie des temps de déplacement. Elle constituera également une augmentation de salaire de 84 frs par mois en 2026 et d’environ 189 frs par mois en 2029.

Coup de frein aux journées à rallonge

À partir du 1er janvier 2027, un nouveau modèle du temps de travail sera possible, à savoir la planification constante qui permettra de planifier toute l’année des journées de 8,1 heures de travail, au lieu de 8h00 en hiver et 9h00 en été. Cette solution permettra notamment de limiter les interminables journées en périodes estivales. La réglementation des heures supplémentaires sera simplifiée et les travailleurs pourront décider du sort de la moitié de leurs heures supplémentaires ; qu’elles leur soient payées, compensées ou mises sur un compte de vacances, de congés ou encore de formation. Exit les 400 heures flexibles exigées par les patrons, le travail généralisé du samedi sans supplément et la suppression des calendriers.

Accord accepté par une nette majorité des travailleurs

La nouvelle CN a été conclue pour une durée de 6 ans, du 1er janvier 2026 au 31 décembre 2031. Elle prévoit une compensation automatique du renchérissement jusqu’à 2 %, ce qui signifie qu’il n’y aura donc plus de négociations salariales durant toute cette période, sauf si l’inflation dépasse ce taux. Pour les travailleurs genevois, confrontés à un coût de la vie particulièrement élevé, cette solution peut être sujette à caution. Il n’en demeure pas moins qu’à l’instar de leurs collègues dans toute la Suisse, ils ont accepté à une très nette majorité les termes de l’accord.

Conflit terminé, la lutte continue

Pour le SIT, il convient maintenant d’organiser la formation des travailleurs sur le nouveau texte de la CN pour leur permettre de défendre efficacement leurs nouveaux droits. Sur leurs lieux de travail mais également lors de formations sur des thèmes spécifiques. En parallèle, il continuera la lutte pour obtenir un fonds intempéries pour les travailleurs genevois, des outils pour lutter efficacement contre la sous-traitance sauvage, les faillites frauduleuses, et le travail au noir des entreprises qui sévissent dans le canton, et une valorisation des métiers en faveur des jeunes.

Campagne