Construction

La faillite de trop dans le secteurdu ferraillage !

Nouveau cas de faillite dans le secteur du ferraillage. Seul tort de l’entreprise : avoir respecté les règles dans un système pas fait pour ça.

Scandale ● Réunis en Assemblée générale dans les locaux du SIT le 5 mars dernier, les ferrailleurs de l’entreprise SNAP Ferraillage Sàrl, très en colère, soutenus par plusieurs collègues, ont dénoncé la nouvelle faillite qui s’apprêtait à être prononcée contre leur employeur, plongeant à nouveau 45 travailleurs et leurs familles dans la précarité.

À cette occasion, ils ont pointé durement et très justement un système frauduleux généralisé, indigne d’un État de droit, mis en place dans le secteur du ferraillage à Genève il y a plus de 20 ans et devenu incontrôlable. Un système de sous-traitance sauvage qui ne permet plus aux entreprises respectueuses des droits des travailleurs en matière de paiement des salaires conventionnels et des charges sociales, à l’instar de SNAP, de survivre au-delà de 2 ans.

Solutions exigées

Ils ont exigé des solutions immédiates des partenaires sociaux et de la part du Conseil d’État pour assainir sur le champ le secteur et leur garantir des conditions de travail enfin dignes sur les chantiers. Des conditions déjà pénibles par la nature de leurs activités mais devenues insupportables en raison de l’extrême précarité que leur impose la concurrence brutale entre les sous-traitants prêts à tout pour emporter des marchés à prix cassés.

Dans cette perspective, ils ont validé à l’unanimité les propositions faites par leurs syndicats, SIT, Syna et Unia, il y a déjà deux ans mais restées lettre-morte depuis, pour rétablir la justice sociale sur les chantiers et leurs droits les plus élémentaires. Ils ont également donné mandat aux syndicats pour organiser, le cas échéant, les mesures de lutte pour atteindre leurs objectifs.

Stop à la politique de l’autruche

La Société suisse des entrepreneurs (SSE) et les autorités, avec cette nouvelle faillite d’un entrepreneur qui a pourtant tout mis en œuvre pour respecter ses obligations légales, ne peuvent plus pratiquer la politique de l’autruche. Une prise de conscience à travers ce énième scandale semble avoir été prise. Le système mafieux mis en place doit être attaqué frontalement et des solutions doivent impérativement être trouvées et mises en place rapidement. Dans l’intérêt des travailleurs évidemment mais également dans ceux de la collectivité tout entière, qui assume depuis des années étrangement sans sourciller les conséquences financières que causent ces dizaines de faillites frauduleuses aux assurances sociales et aux finances publiques.

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