La faillite de trop dans le secteur du ferraillage !

Résolution des ferrailleurs de l’entreprise SNAP Ferraillage Sàrl, soutenus par des dizaines de leurs collègues.

Réunis en Assemblée générale dans les locaux du SIT, les ferrailleurs de l’entreprise SNAP Ferraillage Sàrl, soutenus par des dizaines de collègues, dénoncent avec force :

  • le système frauduleux généralisé, indigne d’un Etat de droit, mis en place dans le secteur du ferraillage à Genève il y a plus de 20 ans et devenu incontrôlable ; système de sous-traitance sauvage qui ne permet plus aux entreprises respectueuses des droits des travailleurs en matière de paiement des salaires conventionnels et des charges sociales de survivre au-delà de 2 ans
  • la prochaine faillite de l’entreprise SNAP Ferraillage Sàrl, laquelle, malgré les efforts de son administrateur pour assurer sa survie et maintenir leurs emplois est devenue inéluctable ; avec pour effet de plonger près d’une cinquantaine d’entre-eux et leurs familles dans la plus grande précarité
  • les faillites en cascade qui sont devenues la règle dans ce secteur sinistré qui entraîne un travail au noir généralisé et massif des entreprises, un détournement de plusieurs millions des charges sociales chaque année assumée par la collectivité tout entière et des péjorations gravissimes du droit au chômage et aux retraites des travailleurs (AVS, LPP, et anticipée FAR)

Ils exigent des solutions immédiates des partenaires sociaux et de la part du Conseil d’Etat pour assainir sur le champ le secteur et leur garantir des conditions de travail enfin dignes sur les chantiers ; conditions déjà pénibles par la nature de leurs activités mais devenues insupportables en raison de l’extrême précarité que leur impose la concurrence brutale entre les sous-traitants prêts à tout pour emporter des marchés à prix cassés.

A ce titre, ils valident les propositions faites par leurs syndicats, il y a déjà deux ans, pour rétablir la justice sociale sur les chantiers et leurs droits les plus élémentaires principalement :

  • L’internalisation des travaux de ferraillage au sein des effectifs des entreprises principales, seule solution vraiment efficace pour assainir sur le secteur

Dans l’intervalle et notamment :

  • La revalorisation impérative du prix de la pose de la ferraille, qui s’est littéralement effondré ces dernières années, et la modification du mode de paiement de cette dernière (par exemple à l’heure au lieu de la tonne qui ouvre la porte à tous les abus)
  • Le traitement urgent par le Conseil d’Etat, avec les partenaires sociaux, de la question de la régularisation des ferrailleurs pour des questions d’ordre économique. Car l’écrasante majorité d’entre eux étant sans statut légal, de nombreux-patrons-voyous ont tout le loisir de les maintenir dans le silence et la précarité
  • Le développement et l’intensification des mesures de contrôle des entreprises et la prononciation de sanctions dissuasives à l’encontre des patrons-fraudeurs
  • La prise de mesures fermes contre les hommes de paille qui permettent l’ouverture et la fermeture d’entreprises sans le moindre risque
  • La création par les entreprises principales (donneuses d’ordre) d’un fond visant au paiement des créances salariales des ouvriers ayant œuvré sur leurs chantiers pour le compte des sous-traitants ; charge à elles de se retourner contre ces derniers
  • La restriction de l’engagement de sous-traitants par les entreprises principales uniquement dans la mesure où ces derniers figurent au registre du commerce depuis 3 ans au moins, comme pour les Marchés publics ; une période transitoire devra être prévue car quasiment plus aucune entreprise ne remplit ce critère
  • Le lancement d’une campagne commune auprès des maitres d’ouvrage pour revaloriser

les prix

  • L’établissement d’une liste des administrateurs véreux à l’attention de tous les acteurs de la construction
  • Le lancement sans tarder d’une campagne offensive des partenaires sociaux auprès des maitres d’ouvrage publics et privés pour une valorisation des prix

Les travailleurs de l’entreprise SNAP et leurs collègues ont pris connaissance avec satisfaction, mais certaine prudence au vu de la réalité de leur quotidien depuis tant d’années, que les représentants patronaux se sont récemment déclarés ouverts à entamer des négociations sérieuses avec les syndicats SIT, SYNA et UNIA sur ces propositions.

Pour conclure, ils décident de :

  • élire 4 représentants du personnel pour accompagner les syndicats dans leurs travaux visant à faire aboutir leur cahier de revendications
  • mandater les syndicats SIT, SYNA et UNIA pour organiser, le cas échéant, les mesures de lutte nécessaire pour atteindre leurs objectifs légitimes

Dans l’immédiat et afin de sauvegarder leurs emplois, ils demandent aux syndicats SIT, SYNA et UNIA d’intervenir immédiatement auprès des entreprises donneuses d’ordre pour lesquelles ils travaillaient avec engagement et professionnalisme, pour :

  • Identifier les entreprises de ferraillage qui reprendront la pose de ferraille sur leurs chantiers à la suite de la prochaine faillite de SNAP
  • Organiser un contrôle des conditions de travail et de salaires appliqués par ces entreprises
  • Exiger que l’ensemble du personnel de SNAP soit engagé au sein de ces dernières dans des conditions respectueuses du droit afin de leur éviter de se retrouver au chômage

Résolution votée à l’unanimité

Genève, le 5 mars 2026

On en parle dans la presse
16.03.2026