Pour plus de justice sociale dans la potion, les nettoyeuses et nettoyeurs déposent leur pétition dans le chaudron !

Depuis des années, les milliers de travailleuses et travailleurs qui triment dans le secteur du nettoyage doivent faire face à un patronat particulièrement intransigeant lorsqu’il s’agit d’améliorer leurs conditions de travail. Bien qu’ils soient régis par une convention collective de travail au niveau romand, les salaires demeurent bas en particulier pour Genève. Même pour un 100%, soit 43 heures par semaine, le salaire minimum conventionnel ne dépassent pas les frs. 3’695 bruts, parfaitement insuffisant pour pouvoir vivre dignement sans recourir aux aides publiques. Lorsque l’on sait que les emplois sont occupés majoritairement par des femmes à des taux très partiels contraints, que les années d’expérience ne comptent pas pour les catégories les plus basses, c’est la précarité qui devient la règle dans ce secteur qui a pourtant connu un développement fulgurant depuis plusieurs années.

La pandémie Covid-19 révèle en plein jour une injustice sociale crasse

La crise sanitaire a démontré que les nettoyeuses et nettoyeurs sont indispensables au bon fonctionnement de notre société. Ils-elles se sont retrouvé-e-s au premier front pour combattre le coronavirus, accomplissant leur mission la peur au ventre, confronté parfois au manque de mesures de protection et aux risques quotidiens de contamination. A ce stress se sont ajoutés, comme dans des branches telles que l’hôtellerie et la construction, des baisses substantielles de revenus suite au chômage technique (RHT) indemnisé à concurrence de 80 % du salaire ou, pire encore, des licenciements abrupts. Déterminé-e-s à améliorer leurs conditions de travail et de salaire, soutenu-e-s par la population, les nettoyeuses et les nettoyeurs ont adressé le 1er mai 2020 un cahier de revendication à l’attention de l’AGENS (Association Genevoise des Entrepreneurs en Nettoyage et de Service).

Des revendications légitimes foulées aux pieds par un patronat cynique

Les nettoyeuses et les nettoyeurs, dans cette période particulièrement difficile, ne demandaient pourtant pas la lune : une revalorisation de leurs métiers, avec l’introduction d’un salaire minimum à 23.- de l’heure ; pour celles et ceux qui ont continué à travailler durant la crise sanitaire, une prime de risque ; pour le personnel contraint au chômage technique le paiement des RHT à hauteur de 100 % du salaire. Et évidemment le respect strict des mesures de sécurités fixées par l’OFSP. Malgré tout, ils-elles se sont vu signifier un refus sec d’entrée en matière, moins de deux semaines après. Sans une once d’ouverture, sans même une opportunité d’ouvrir le dialogue.

Une action syndicale et une récolte de signatures d’envergure, en réponse à une potion indigeste !

Aujourd’hui devant les locaux de la FER où siège l’AGENS, une quinzaine de nettoyeuses et de nettoyeurs ont tenu une conférence de presse. Ils-elles ont pris courageusement la parole pour dénoncer un patronat plus enclin à user de jeux de mots faciles autour d’un poison dans une pseudo-potion qu’à améliorer leurs conditions de travail et de salaire. Après avoir livré des témoignages édifiants et empreints de dignité sur la réalité de leur situation et celles de leurs collègues, elles-ils ont déposé à l’attention des représentants patronaux de l’AGENS 1187 signatures d’une pétition exigeant l’ouverture de négociations sur les points figurant dans leur cahier de revendication du 1er mai. Espérons que la partie patronale fasse désormais preuve de la même dignité et accepte de se mettre rapidement à la table des négociations car NON, 23 frs/h ce n’est pas de poison, mais un minimum vital pour vivre dans ce canton !

Pour tout renseignement complémentaire :

Thierry Horner, secrétaire syndical SIT : 078 751 24 40, thorner@sit-syndicat.ch

Camila Aros, secrétaire syndicale Unia : 079 649 64 18, camila.aros@unia.ch

Fabrice Chaperon, secrétaire syndical SYNA : 076 347 11 36, fabrice.chaperon@syna.ch

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