Emplois de solidarité au MAH licenciés : La spirale de la précarité

Sept personnes en emploi de solidarité (EdS) sont actuellement engagées par Démarche-Artraction pour travailler comme surveillants ou transporteurs au sein des musées de la Ville de Genève. Elles sont dans une situation persistante d’emploi sous payé, tout en occupant des fonctions identiques à celles d’autres fonctionnaires de la Maison Tavel ou du Musée d’Art et d’Histoire (MAH), mais surtout indispensables au fonctionnement de ces institutions. Malgré leur postulation pour des emplois fixes, elles n’ont pas été retenues par le Département de la culture et des sports jusqu’à ce jour. Employées depuis 4 à 8 ans, elles connaissent parfaitement leur travail, au point qu’elles doivent former les candidats retenus pour occuper ces postes fixes. Une situation vécue comme humiliante et décourageante. Dans le même temps, la Ville de Genève a externalisé une partie de la surveillance des musées (Python Sécurité), qui ne se limite pas aux événements ponctuels extraordinaires, mais occupe des postes en semaine ou durant le week-end.

Pour ces EdS, la difficulté de retrouver un emploi est réelle. Pour la plupart, ils ont dû quitter leur ancien emploi en raison d’atteinte à leur santé ne leur permettant plus d’exercer leur métier ou n’ont pas retrouvé un emploi en raison de leur âge. Or, la fonction qu’ils occupent aujourd’hui leur convient parfaitement et le nombre de personnes encore concernées est faible. Une délégation d’EdS, accompagnée du syndicat et de la commission du personnel, avait rencontré le magistrat S. Kanaan en décembre dernier pour lui demander de trouver une solution pérenne.

Aujourd’hui, Démarche-Artraction annonce la résiliation de la convention de collaboration avec la Ville de Genève pour le 31 décembre 2016, ce qui aura pour conséquence que les personnes en emploi de solidarité perdront leur emploi. Aucune solution ne leur a été proposée par le Service des emplois de solidarité. Une inscription au chômage aurait pour conséquence une perte de 20 à 30% de revenu sur un salaire déjà insuffisant pour vivre à Genève. Une spirale de précarité cautionnée par le DEAS.

Le SIT demande maintenant l’engagement de ces sept personnes sur des postes fixes de fonctionnaire, sachant que le MAH aura toujours besoin de ces postes de surveillant ou transporteur. Après avoir bénéficié à prix cassé des services de ces personnes pendant des années, il serait particulièrement inacceptable que la Ville les remplace simplement en ayant encore plus recours à Python Sécurité qu’aujourd’hui. Une externalisation qui ne coûtera pas moins cher à la collectivité publique mais qui bénéficiera avant tout au patron de cette entreprise de sécurité. Nous attendons du chef du département de la Culture et des sports qu’il assume pleinement ses responsabilités dans ce dossier.

Valérie Buchs, secrétaire syndicale



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