56e jour de grève des EdS de Partage : Carouge rompt les relations avec Partage

La Voirie municipale reprend la récolte des ordures dans le Vieux Carouge

Pour la création de postes fixes et l’engagement d’EdS

Carouge revient en arrière

Carouge, comme d’autres communes et la Ville de Genève, rompt la relation qui la lie au service de Cyclotri de l’association Partage pour la levée des ordures dans le Vieux Carouge. Enfin il est reconnu que les revendications des grévistes sont légitimes et que la commune se couvrait d’opprobre en acceptant que les hommes en charge du nettoyage du Vieux Carouge travaillent dans des conditions salariales qui ne permettent pas de vivre dignement, sous un management abusif et des conditions de travail qui mettaient en péril la santé physique et psychique. Les grévistes se félicitent de cette décision qui signifie la fin du calvaire qu’ils vivent depuis des années et attendent à présent la création de postes fixes.

420’000.- : le prix de la dignité pour les grévistes ET pour Carouge

Les 420’000.- que coûtait l’activité du Cyclotri à la ville de Carouge doivent dorénavant être alloués à la création de postes à la voirie municipale. Pour mettre définitivement fin à ces heures sombres, les grévistes et le Syndicat SIT demandent l’internalisation immédiate des activités de voirie et la création de postes fixes au moins à hauteur de ces 420’000.- En effet, la responsabilité de la ville envers les EdS de Partage s’étend bien plus loin que la simple fin de l’activité de Cyclotri. La ville a volontairement créé et entretenu une voirie à deux vitesses pendant des années, la première officielle avec conditions de travail décentes, salaires dignes et matériel sécurisant, la seconde broyant les corps et les esprits des personnes en Emploi de Solidarité, méprisant tout à la fois leur sécurité et leur dignité.

Les autorités communales doivent agir vite et bien

Pour 2’800.- net par mois, les EdS de Partage se sont évertués à rendre le Vieux Carouge propre et accueillant depuis 2009, et ce par tous les temps, et dans des conditions de travail physiquement très pénibles et humiliantes. Fort de ce succès tant financier que d’image, Partage a étendu la prestation aux autres communes et à la ville de Genève, obligeant ainsi les EdS à faire des kilomètres en chariant des centaines de kilos à la force du mollet du fait de matériel déficient. Après des années d’exploitation sauvage, Carouge doit prendre ses responsabilités et remettre la dignité de ces travailleurs au centre de ses préoccupations en créant des postes et en engageant spécifiquement les EdS de Partage qui ont accompli la tâche jusque là. L’argent est là, ce sont les 420.000 francs qui étaient jusqu’ici annuellement versés à Partage, les compétences sont également là, car le personnel EdS qui a assuré la tâche jusque là a démontré durant des années qu’il est en mesure de fonctionner à satisfaction comme ouvrier polyvalent de voirie.

EdS : il est temps de changer !

Il est temps pour l’Etat de Genève de reconnaître que le système des EdS est un échec, que le premier but du retour à l’emploi de personnes en fin de droit au chômage n’est de loin pas atteint puisqu’à peine une personne sur dix revient sur le marché du travail dit normal et que ce système ne révèle que la volonté d’une externalisation des tâches les plus ingrates du service public à des tarifs défiant toute concurrence. Depuis 2009, les chiffres ne laissent plus de doute quant à l’échec de cette mesure, l’Etat ne peut plus justifier cette précarisation et doit revaloriser les salaires des EdS à 4’000.-, internaliser les postes d’EdS qui ont été illégalement développés sur des activités qui relèvent du service public et soutenir plus fortement les associations qui emploient des EdS sur des tâches d’utilité publique.

STOP au dumping salarial et à la précarité organisée par l’Etat !

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