Scandale sur les moyens donnés à l’intégration des enfants à besoins particuliers et handicapés à l’école primaire

Communiqué de presse du 5 mars 2013

Scandale sur les moyens donnés à l’intégration des enfants à besoins particuliers et handicapés à l’école primaire

Un dispositif d’assistant-e-s à l’intégration scolaire (AIS) a été mis en place par le DIP et l’OCE, en partenariat avec la Fondation Pro Juventute. Dès la rentrée scolaire de septembre 2012, douze AIS, en majorité des femmes, ont été engagé-e-s par la Fondation Pro Juventute au travers d’un contrat d’emploi de solidarité (EdS), afin d’accompagner dans leur vie scolaire des enfants à besoins éducatifs particuliers ou handicapés. Ce projet répond aux dispositions prévues par la Loi cantonale sur l’intégration des enfants et des jeunes à besoins éducatifs particuliers et handicapés (LIJBEP – C 1 12) ainsi que par son règlement d’application (RIJBEP – C 1 12.01). D’ici 2015, il est prévu d’engager une cinquantaine d’AIS sous contrat EdS.

Le SIT dénonce utilisation d’EdS dans les services publics et en particulier à l’école, sans aucune concertation ni avec les syndicats ni avec le personnel enseignant, et qui tendent à remplacer de vrais postes de travail.

Aujourd’hui, nous dénonçons cette pratique par l’exemple du dispositif AIS. Il s’agit d’un cas exemplaire de sous-traitance à une fondation privée de l’Economie sociale et solidaire de vrais postes de travail que l’Etat est sensé créer (prévus par la Loi). A la place, on utilise des emplois de solidarité, sous-payés, non formés et non qualifiés pour effectuer cette tâche. Cela est doublement inquiétant : pour la qualité des prestations et de l’encadrement des enfants, mais aussi en matière de dévalorisation des diplômes des professionnel-le-s des domaines du handicap et du social que cela implique.

Le SIT dénonce aussi les conditions de travail de ces personnes, très problématiques, notamment concernant les pauses/repas de midi, le manque de mesures de sécurité pour le transport des enfants/ados et l’inexistence de matériel adapté dans les écoles (elles doivent donc faire avec les moyens du bord). Le cahier des charges des AIS implique de nombreuses responsabilités et tâches, pour lesquelles des formations et un suivi sérieux sont nécessaires, ce qui n’est actuellement pas le cas. Le dispositif prévoyait d’introduire des AIS au sein de l’école primaire, or on constate déjà qu’il s’étend jusqu’au collège ! Cela implique pour les AIS, non seulement d’avoir des compétences scolaires plus vastes, mais également une différence importante de taille et de poids dans la prise en charge des enfants/ados.

De plus, aucun encouragement à la formation n’est réalisé, alors que le DIP s’était engagé à ce que ces personnes soient formées pour obtenir un CFC d’assistant-e socioéducatif-ve (ASE), par validation d’acquis. Par ailleurs, nous nous inquiétons de voir qu’il est prévu d’élargir encore le champs activités des AIS en allant prêter leurs services dans des camps d’été organisés notamment par la FASe et Cap Loisirs, comme s’il s’agissait de professionnel-le-s formé-e-s et payé-e-s en conséquence ! Enfin, les AIS sont muselées par leur employeur qui ne leur permet de pas de s’exprimer sur les problèmes rencontrés sur le terrain.

Face à ces constats, le SIT est obligé de dénoncer la situation. Nous avons déjà interpellé M. Charles Beer, l’OMP ainsi que le Service des EdS (voir courrier annexé) et avons envoyé un courrier à Pro Juventute afin de demander une rencontre.

Nous demandons :

- Un suivi sérieux de la situation, de la part du DIP et du Service des emplois de solidarité ;
- D’être consultés sur les prochaines étapes du projet pilote, à évaluer et corriger avec l’ensemble des partenaires ;
- De garantir la formation des AIS, en vue de l’obtention d’un titre reconnu ;
- Des garanties en matière de qualité d’encadrement et de sécurité pour les enfants ;
- La création, à terme, de vrais postes de travail colloqués comme fonctions existantes (éducateurs spécialisés, ASE, etc.)

En l’absence de réponses satisfaisantes à ces demandes, le dispositif tel que mis en place actuellement doit cesser.

Un dossier de presse est disponible sur demande.

Pour le SIT :

Elodie de Weck, secrétaire syndicale Françoise Weber, secrétaire syndicale Tél. 022 818 03 00

Lien vers la version imprimable du communiqué

Lien vers l’article de la Tribune de Genève du 6 mars 2013

Lien vers l’article du Courrier du 6 mars 2013



Documents joints