Le SIT et les syndicats exigent un changement de cap de la politique de l’emploi et du chômage à Genève

Le 26 septembre dernier, la population genevoise a suivi massivement les syndicats en refusant la 4ème révision de la Loi sur l’assurance-chômage (LACI). Ce weekend, un partie non négligeable de la population a décidé de donner sa voix à ces mêmes partis xénophobes et anti-frontaliers qui ont contribué ces dernières à années à démanteler les droits des chômeurs-euses ; un signe évident du climat d’insécurité sociale dans un canton qui continue à comptabiliser 20’000 demandeurs-euses d’emploi, dont 5’000 chômeurs-euses de longue durée.

La Communauté genevoise d’action syndicale (CGAS) a tiré la sonnette d’alarme aujourd’hui lors d’une conférence de presse tenue à Vernier, l’une des communes où le taux de chômage est particulièrement élevé et où l’extrême-droite a fait un des scores les plus importants. « La situation va s’empirer avec l’entrée en vigueur de la révision de la LACI le 1er avril 2011 » a indiqué Bernard Remion de Syndicom. En effet, le Conseil fédéral vient d’adopter l’ordonnance d’application de la nouvelle LACI et a confirmé l’effet couperet qui touchera quelques 1’500 chômeurs-euses genevois qui verront leur droit aux indemnités s’arrêter ou diminuer drastiquement du jour au lendemain. « La CGAS demande au Conseil d’Etat de prendre des mesures d’urgence, notamment par l’octroi de 120 nouvelles indemnités cantonales de chômage pour les personnes touchées par la révision de la LACI ».

Une telle mesure est d’autant plus nécessaire que M. François Longchamp prévoit, avec la révision de la Loi sur l’Assistance sociale individuelle, qu’il a fait voter par le parlement genevois, de supprimer le RMCAS, une mesure qui avait été mise en place pour réserver un autre sort que l’aide sociale aux chômeurs-euses en fin de droit. « Non seulement, la CGAS soutient le référendum contre l’abolition du RMCAS, mais elle oeuvre à une révision de la Loi cantonale en matière de chômage afin qu’elle mette à disposition des chômeurs-euses de longue durée des outils de réinsertion adaptés à leur situation » a expliqué Alessandro Pelizzari, secrétaire régional d’Unia. En effet, la politique cantonale a démontré ces dernières années être une véritable antichambre de la précarité, avec des programmes de placement sans contrepartie en matière de formation qualifiante et avec des rémunérations ne permettant pas aux bénéficiaires de sortir de la pauvreté. Une manifestation convoquée pour le 2 avril devra donner l’appui populaire nécessaire aux revendications syndicales.

« La CGAS est de l’avis que la lutte contre le chômage doit passer par une politique volontariste en matière d’emploi » a conclu Manuela Cattani, co-secrétaire générale du syndicat SIT. En effet, pour les syndicats, lutter contre le chômage, c’est d’un coté exiger que l’Etat cesse la politique d’austérité et de blocage des engagements dans le secteur public et parapublic, notamment dans le domaine de l’accompagnement et soins aux personnes âgées, accompagnement de l’enfance avant et durant la scolarité, etc. Et de l’autre, c’est développer une politique de réindustrialisation durable, de soutien aux industries locales socialement utiles, notamment à travers la création d’un fonds pour l’emploi. Finalement, les syndicats appellent de leurs voeux de lutter contre toute forme de sous-enchère salariale, notamment en durcissant les conditions d’accès aux marchés publics et en renforçant considérablement l’inspection du marché du travail.

PELIZZARI Alessandro - président CGAS - Unia

CATTANI Manuela - vice-présidente CGAS - SIT



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