120 indemnités journalières en plus : un droit, pas un luxe pour les chômeurs-euses !

10 février 2010 Communiqué de presse de la CGAS :

120 jours d’indemnités journalières en plus : un droit, pas un luxe pour les chômeurs-euses !

Avec une action de protestation devant l’OCE (Office cantonal de l’emploi), à laquelle ont participé une cinquantaine de chômeurs et syndicalistes, la Communauté genevoise d’action syndicale (CGAS) dénonce le refus du Conseil d’Etat de demander à la Confédération l’allongement de 120 jours de la durée d’indemnisation pour les chômeurs de longue durée. Une pétition est lancée.

Une véritable crise sociale à Genève

Depuis le 8 février, les nouveaux chiffres du chômage à Genève sont connus : sans surprise, c’est un nouveau triste record qui est franchi, avec 7,3 % de chômeurs dans le canton. N’en déplaise à ceux qui déclarent la fin de la crise financière éclatée en fin 2008, nous sommes aujourd’hui devant une véritable crise sociale : Plus de 22’000 personnes sont actuellement en recherche d’emploi à Genève, auxquels s’ajouteront sans doute prochainement les quelques 3’000 travailleurs se trouvant actuellement en chômage technique. Sans oublier les 5’000 chômeurs frontaliers « exportés » en France voisine. Mais Genève ne constitue pas uniquement la lanterne rouge en Suisse en termes de nombre de chômeurs. C’est ici que la période de chômage est la plus longue, avec en moyenne 282 jours de durée comparés au 205 pour le reste du pays. Ainsi, Genève comptabilise chaque mois environ 400 chômeurs en fin de droit. « Le refus du Conseil d’Etat de demander l’augmentation de 120 indemnités journalières est simplement scandaleux », a noté Alessandro Pelizzari, secrétaire régional d’Unia et vice-président de la CGAS, qui fait remarquer que les cantons de Neuchâtel, Vaud et Jura ont demandé et obtenu ce droit, alors que la situation est nettement plus dramatique à Genève.

Un droit menacé par la 4e révision de la LACI

Le refus du Conseil d’Etat est d’autant plus inacceptable qu’il s’agit d’un droit pour les chômeurs qui risque de passer à la trappe avec la 4e révision de la LACI. Le Conseil Fédéral espère ainsi « économiser » 30 millions de francs par an sur le dos des chômeurs. Mais ce n’est pas tout : « La droite parlementaire prépare un démantèlement sans précédent de l’Assurance chômage », a expliqué Bernard Remion du syndicat comedia, l’ensemble des mesures prévoyant des suppressions de prestations à hauteur de 786 millions de francs. Actuellement en discussion au Chambres fédérales, le projet prévoit en effet également des coupes drastiques pour les jeunes chômeurs, en réduisant à 90 jours les indemnités journalières pour les jeunes à la sortie de l’école. L’autre aspect de la révision consiste à augmenter les cotisations perçues sur les salaires des employés, et cela sans que les entreprises qui licencient alors qu’ils font des bénéfices et continuent à verser des bonus à leurs cadres. Les syndicats genevois ont déjà annoncé de lancer le référendum contre cette révision dont les réductions de prestations feront encore plus peser le poids de la crise sur les chômeurs.

Des « puissants instruments »… de précarisation !

Dans son communiqué de presse diffusé la semaine passée, le Conseil d’Etat genevois légitime son refus de demander la prolongation des indemnités journalières par la mise en place de « puissants instruments de réinsertion ». Or, le bilan de la politique genevoise contre le chômage est loin d’être brillant : sur les quelques 5000 chômeurs arrivés en fin de droit en 2009, 700 seulement ont bénéficié des mesures telles que l’allocation de retour en emploi et des emplois de solidarité. 500 chômeurs se trouvent actuellement en « emploi-formation » contre environ 2000 anciens « emplois temporaires cantonaux - ETC ». Et parmi les 324 bénéficiaires des emplois de solidarité, sept personnes uniquement ont retrouvé un emploi en 2009. « La politique cantonale de chômage est l’antichambre de la pauvreté », a commenté Manuela Cattani du SIT, qui a relevé que deux tiers des bénéficiaires des emplois de solidarité touchent pour un emploi à plein temps 3000 francs par mois, des « salaires scandaleusement insuffisants », alors que le placement en emploi formation dans les services publics ou institutions subventionnées visent en première ligne à substituer des vrais emplois par de la main d’œuvre à bon marché. Résultat : L’Hospice général prévoit pour 2010 une augmentation des demandes d’assistance de 18%. Cet avis a été partagé par les chômeurs qui ont pris la parole devant l’Office cantonal de l’emploi lors de l’action de protestation : « Les mesures de réinsertion sont une machine à précariser » s’est exclamé un chômeur de 57 ans, ayant été placé pendant plusieurs mois comme « stagiaire » dans une structure publique aux prix des indemnités chômage, se trouvant à quelques semaines de la fin de son délai cadre. Il a appelé ses collègues à faire signer massivement la pétition qui sera déposée mi-mars au Grand Conseil.

Contact pour les médias : Manuela Cattani



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