Le syndicat SIT et les mobilisations anti-OMC

Alors que le septième sommet ministériel de l‘Organisation Mondiale du Commerce (OMC) vient de s’achever, le syndicat SIT tire un premier bilan de sa participation aux mobilisations de la semaine.

- Le SIT tient tout d’abord a réaffirmer sa solidarité politique avec le mouvement de protestation internationale qui s’est fait entendre pendant toute la semaine à Genève, en réunissant plusieurs centaines d’organisations, locales et internationales, associations, ONG, partis et syndicats du monde entier, du Sud notamment. Malgré le fait que la crise ait démontré sa faiblesse systémique, l’OMC se pose encore et toujours en guide et en moteur des politiques néo-libérales qui ont fait tant de dégâts et continuent à en faire dans le monde entier de par les violences sociale, économique et environnementale majeures qu’elles provoquent : démantèlement de l’Etat social, politiques anti-écologiques ayant des conséquences dévastatrices sur le climat, politiques agricoles causant directement la disparition de populations entières n’ayant plus de moyens de subsistance : voilà quelques exemples des politiques dénoncées par notre syndicat et beaucoup d’autres acteurs sociaux pendant les cinq jours de mobilisation.

Mais alors que la journée de dimanche a été riche en échanges entre les militant-e-s de différents horizons, et que les trois jours de présence aux abords du centre de congrès ont permis de suivre l’avancée des travaux de l’OMC et de les discuter avec les déléguées des ONG, la manifestation de samedi a été victime d’un sabotage inacceptable. Alors qu’un long travail avait été fait en amont pour que le défilé puisse avoir lieu dans le respect de l’esprit pacifique souhaité par les organisateurs tout au long des semaines précédant la mobilisation, un nombre important de « black blocks » n’en a tenu aucun compte. Avec une rare violence, qui s’est manifestée immédiatement après le départ du cortège, les « black blocks » ont rendu impossible le bon déroulement de ce dernier. Le SIT dénonce avec fermeté la prise en otage de la manifestation qui a rendu impossible les interventions, et donc la diffusion des contenus politiques que notre syndicat aurait souhaité voir débattus. Afin de dénoncer cet état de fait, le SIT ainsi que la CGAS et d’autres organisations ont quitté la manifestation et demandé à ce que celle-ci soit dissoute par le comité d’organisation.

Le droit de manifestation reste un droit inaliénable. Il demeure une forme d’expression centrale pour le mouvement syndical, acquis et défendu au fil des ans. Mais à ce stade, il nous paraît impossible de continuer à organiser des manifestations de large envergure, dans lesquelles certains groupes sembleraient, par leurs actes, vouloir directement porter atteinte au mouvement social. Le SIT va donc œuvrer, par un dialogue constructif avec tous les acteurs concernés, pour que dans le futur, de tels épisodes ne ternissent plus l’image de ce mouvement dans lequel les syndicats entendent jouer un rôle moteur. Pendant cette période de débat, le SIT continuera à s’engager, par ses modes d’actions traditionnels et adaptés aux circonstances, de sorte que son message politique et social soit à nouveau audible par le plus grand nombre



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